L’exposition de la Galerie 2016 met en avant deux artistes neuchâtelois, qui réinterprètent le portait à leur manière. Du réalisme envoutant à découvrir d’ici la fin du mois de juin.
Le portrait vu avec un regard actuel. La Galerie 2016 à Hauterive met en avant cette forme d’art dans sa dernière exposition, dont le vernissage s’est tenu mercredi. Jusqu’au 29 juin, il est possible de découvrir « Portraits », grâce aux tableaux de deux artistes neuchâtelois, Rosalie Evard et Yannick Lambelet. Tous deux ont une approche différente du portrait : Yannick Lambelet aime s’inscrire dans son temps, « avec cette génération du selfie et de l’autopromotion de soi ». Le Chaux-de-Fonnier travaille sur deux axes : en s’inspirant de la pop culture, comme sa série axée sur les zombies, ou alors en mettant en avant l’autoportrait. Le tout, transposé en peinture acrylique.
Yannick Lambelet : « Il y a cette idée de sauvegarder une image, parce que souvent les selfies vont se perdre. »
Yannick Lambelet travaille principalement avec des images trouvées sur internet. Le Chaux-de-Fonnier les décontextualise ensuite au sein de compositions numériques avec des collages. « Il y a ce jeu de distances : quand on va être loin de la peinture, on a l’impression d’être devant un collage digital. Et plus on va se rapprocher, plus on va voir les transparences. »
« L’hyperréalisme ne m’intéresse pas. »
Rosalie Evard, est une artiste peintre basée à La Chaux-de-Fonds et Valangin. Elle a effectué sa formation aux beaux-arts à l’Académie de Meuron puis à l’école de peinture décorative de Versailles. Pour la Galerie 2016, Rosalie Evard explique aussi que sa vision du portrait propose deux axes. « Soit je choisis des modèles qui m’inspirent dans la rue par exemple, des personnes qui me fascinent. Ou ce sont des images que je pioche dans des magazines, que je découpe. Après, j’assemble tout ça pour que la composition me surprenne ». A la fin, ces « découpages » sont réinterprétés en peinture.
Rosalie Evard : « J’ai découvert le don un peu inné pour le réalisme à l’Académie de Meuron. »
Rosalie Evard se considère comme une artiste « spontanée » et voit son art comme quelque chose « d’assez simple » et non pas « quelque chose de compliqué où je peux approfondir le sujet pendant des heures. » L’artiste basée entre Valangin et La Chaux-de-Fonds avoue avoir un faible pour les matières lorsqu’elle peint. « C’est la meilleure partie du travail ! »
« J’ai envie de provoquer des émotions, tout en m’éloignant du photoréalisme. »
La Galerie 2016 a été inaugurée à Cortaillod en 1968. Elle a fêté les 50 ans de son déménagement à Hauterive en septembre dernier. La galerie d’art a déjà présenté plus de 380 expositions au public, mettant en avant 300 artistes. Son responsable depuis 2021, Philippe Du Pasquier, compte bien intensifier encore les activités dans les prochaines années. /swe









