Un fils et son père ont été condamnés pour infraction grave à la loi sur les stupéfiants et blanchiment d’argent ce lundi. Le Tribunal criminel neuchâtelois a retenu la complicité pour la mère. Ils écopent de peines allant de 12 à 36 mois de prison. Seul le fils se retrouve derrière les barreaux.
Le Tribunal criminel de Neuchâtel a tranché : un père et son fils sont bien coupables d’un trafic de drogues de grande ampleur. Ils ont été condamnés pour infraction grave à la loi sur les stupéfiants et blanchiment d’argent ce lundi. La mère de son côté a été reconnue coupable de complicité de ces deux chefs d’accusation. Ils ont écopé tous de peines privatives de liberté. La plus lourde est pour le fils : 36 mois, dont 18 ferme et les 18 autres avec sursis pendant 4 ans. Le jeune homme de 20 ans a déjà passé 300 jours en détention, il va donc la poursuivre. Le père a de son côté écopé de 24 mois de privation de liberté avec sursis pendant quatre ans. Du sursis complet également pour la mère, qui elle est condamnée à 12 mois de peine. Les parties ont dix jours pour faire appel de ce jugement.
Un fils collaboratif
Les juges du Tribunal criminel du Littoral et du Val-de-Travers ont motivé leur verdict ce lundi. Ils ont estimé que le fils avait une culpabilité lourde dans cette affaire et relevé qu’il avait pu écouler une très grande quantité de drogue en peu de temps (2,9 kilos en 8 mois, ce qui représente 124'000 francs). Alors qu’il contestait justement la quantité de stupéfiants, en particulier de cocaïne, les juges ont estimé que les calculs du Ministère public étaient plausibles et que l’accusé n’avait aucune preuve contraire. Le Tribunal a donc arrêté les quantités décrites dans l’acte d’accusation, sur la base de témoignages de clients et des sommes d’argent reçues, à savoir un total de 3,6 kg de cocaïne. Les juges ont cependant pris en compte que le jeune homme a reconnu les faits et bien collaboré tout au long de l’instruction. Dans la lecture du jugement, la présidente a relevé qu’il avait toujours cherché à couvrir ses parents, un acte qu’elle a qualifié « d’honorable » vu son jeune âge. Cela justifie la décision des juges d’être plus cléments dans leur peine que ce qu’avait requis le Ministère public : le procureur demandait 5,5 ans de prison ferme.
Des parents « pas crédibles »
Pour le père, « la situation est plus délicate », n’a pas hésité à déclarer la présidente. L’homme d’une soixantaine d’années a nié les faits, et a fait des déclarations « contradictoires ». Le Tribunal a relevé que la crédibilité du prévenu est « très faible », notamment en raison de propos « fantaisistes », faisant référence au fait que l’homme assurait qu’il pensait conditionner du tabac et non du cannabis. Pour la Cour, le père savait très bien que le trafic ne portait pas uniquement sur du haschisch. En effet, des traces de cocaïne ont été retrouvées dans son véhicule, côté conducteur, de même que 600gr de cette drogue dure lors de son arrestation en juillet 2024. Il est reconnu coupable d’être co-auteur des méfaits, aux côtés de son fils, tant pour le chef d’accusation de blanchiment d’argent que pour celui de trafic de stupéfiants. Les juges ont relevé son manque total de prise de conscience et l’absence de remords. Mais sa situation personnelle parle en sa faveur, le soixantenaire présentant des problèmes de santé. La condamnation à deux ans de peine privative de liberté avec sursis correspond au maximum qu’a plaidé son avocat lors de l’audience.
Le cas de la mère est quelque peu différent : elle n’est pas à l’origine du trafic. Mais les juges ont déterminé qu’elle était au courant de ce qui se passait, notamment car elle a laissé l’accès à son compte TWINT pour le trafic (les clients payant directement sur celui-ci leur marchandise). Le Tribunal a relevé la très mauvaise collaboration de la femme d’une soixantaine d’années. Le procureur avait, dans son réquisitoire, parlé d’une « attitude pathétique » lors de l'audience. Des termes que la présidente a réutilisés et validés lors de la lecture du jugement. Pour complicité de trafic de stupéfiant et de blanchiment d’argent, elle écope d’un an de peine privative de liberté avec sursis complet, alors que son avocate plaidait pour un acquittement. Elle ne touchera par ailleurs aucune indemnité, contrairement à ce qu’avait demandé sa mandataire. /lgn









