La réorganisation du SPAJ à Neuchâtel commence à porter ses fruits

La réorganisation du Service de la protection de l'adulte et de la jeunesse (SPAJ) à Neuchâtel ...
La réorganisation du SPAJ à Neuchâtel commence à porter ses fruits

La réorganisation du SPAJ à Neuchâtel commence à porter ses fruits

Photo: KEYSTONE/VALENTIN FLAURAUD

La réorganisation du Service de la protection de l'adulte et de la jeunesse (SPAJ) à Neuchâtel, dans le viseur du Grand Conseil, commence à porter ses fruits. Un nouvel audit externe pointe toutefois des insatisfactions persistantes, en lien notamment avec des ressources insuffisantes. Le Conseil d'Etat reconnaît la nécessité de l'augmentation de dotation.

"La réorganisation a été menée avec un soutien externe garantissant des bonnes pratiques méthodologiques et a impliqué les cadres et le personnel dans le contexte d’un processus participatif", peut-on lire dans le rapport de Godet Conseils, publié jeudi. Ce dernier a toutefois précisé qu'un fonctionnement optimal tient en grande partie à la culture de l’entité et aux personnes, en particulier les cadres, et que l’analyse des compétences de ces derniers ne faisait pas partie du mandat.

L’action du SPAJ est complexifiée et ralentie, en raison de contraintes légales, réglementaires et financières, ce qui peut "peser particulièrement sur la motivation et le moral des travailleurs sociaux", a indiqué l'auditeur.

Une enquête de satisfaction interne a été menée en novembre 2024, à laquelle 89 personnes ont répondu. Ses résultats indiquent que les modifications déjà mises en œuvre et les travaux en cours ne satisfont pas encore une partie des collaborateurs du service. La note moyenne relative à l’organisation reste insatisfaisante, en particulier à l’Office de protection de l'enfance (OPE).

Taille pas problématique

L'audit externe, qui s'est achevé le 15 février, a été réalisé à la suite de deux injonctions votées par le Grand Conseil neuchâtelois en avril 2024. Le parlement, se basant sur une analyse de sa commission de gestion et d'évaluation (Coges), avait estimé que la situation du SPAJ était "préoccupante" et avait utilisé pour la première fois cet outil parlementaire.

La 1ère injonction demandait qu'un nouvel audit externe et indépendant évalue la structure, le fonctionnement et la gouvernance du SPAJ. La seconde portait sur des indicateurs statistiques pour mieux appréhender les politiques publiques.

Dans son rapport, l'auditeur ne partage pas l’hypothèse, avancée par la Coges, selon laquelle les problèmes rencontrés par le SPAJ résulteraient essentiellement de la taille et de la diversité de ces missions. Plusieurs services de protection de l’enfance et de la jeunesse en Suisse romande sont de taille supérieure à celle du SPAJ, et avec des organisations au moins aussi éclatées et complexes, a-t-il précisé.

Situation toujours tendue à la protection de l’enfance

Malgré des nouvelles encourageantes, l’audit indique que la situation reste sensible, en particulier au sein du service de la protection de l’enfance. « Le SPAJ n’a pas la maîtrise globale du système, détaille Frédéric Mairy. Il est en bout de chaîne ». En effet, la majorité des mesures de protection relève de décisions judiciaires. Ces dernières sont en augmentation constante, selon le rapport d’activités 2024 des autorités judiciaires du canton. Cette croissance des besoins est couplée au manque de personnel et de travailleurs sociaux dans le canton.

Frédéric Mairy, conseiller d'Etat : « Les cas sont en augmentations. »

Une situation qui semble inhérente au canton de Neuchâtel. En comparaison avec ces voisins romands, Neuchâtel est le canton qui prononce le plus de mesures de placement de jeunes, mais est aussi le canton le moins bien loti en matière de places en institution et en famille d’accueil pour ces enfants. « Nous ne bénéficions pas encore d’indicateurs pour pouvoir expliquer cette différence avec nos voisins », assure Frédéric Mairy.

Frédéric Mairy: « Il faut qu’on comprenne pourquoi. »

L’action du SPAJ est donc complexifiée et ralentie, en raison de contraintes légales, réglementaires et financières, ce qui peut « peser particulièrement sur la motivation et le moral des travailleurs sociaux », a indiqué l'auditeur. La nouvelle gouvernance ne permettra pas de résoudre certaines problématiques constatées, ajoute encore le rapport. Seule l’adaptation des ressources du SPAJ « peut lui permettre de faire face aux enjeux croissants de la politique publique dont il a la charge ».


Manque de familles d’accueil
Le rapport constate que le nombre de famille d’accueil pour les enfants dans le besoin a augmenté ces dernières années dans le canton. « C’est une bonne première réponse, car cela nous permet d’y placer les enfants plutôt que de les mettre en institution », se réjouit Frédéric Mairy. Cependant le conseiller d’État fait état d’un plafond : « Il est difficile d’avoir davantage de famille d’accueil qu’aujourd’hui ». Et d’ajouter que des pistes doivent également être ouvertes pour résoudre cette problématique.
/crb-ATS

 

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