Ils font le lien entre la terre et le ciel : les arbres sont au cœur de l’œuvre de Ruben Pensa. Dès dimanche et jusqu’au 9 novembre, le Jardin botanique de Neuchâtel expose une vingtaine de dessins de l’artiste neuchâtelois d’origine argentine, réalisée au crayon ou au charbon. Ce monde de verdure prend ainsi vie dans des teintes noires, blanches et grises sur les murs de la Villa.
Ruben Pensa a déposé sur le papier les silhouettes des arbres qui ont capté son attention lors de voyages dans son Argentine natale, en Patagonie, en Russie, au Maroc, en Italie, en Espagne ou, plus près de chez nous, au Creux-du-Van.
Cette exposition, intitulée Arboles, « arbres » en espagnol, a aussi donné lieu à un ouvrage du même nom, paru aux Éditions du Griffon. On y trouve les œuvres de Ruben Pensa et les textes de Blaise Mulhauser, directeur du Jardin botanique de Neuchâtel, qui a accompagné l’artiste à deux reprises dans ses voyages.
Ruben Pensa entretient un rapport au monde et une philosophie de vie bien à lui. « Les arbres sont mes dieux tutélaires », dit-il. « Les arbres sont la connexion entre le ciel, le cosmos et la terre, l’inframonde ». L’artiste porte un grand respect à toute forme de vie : « pour moi, on est en complète égalité avec les pierres, les rivières, les arbres, les insectes, les animaux en général ».
Ruben Pensa : « Si on ne prend pas conscience que nous sommes tous des êtres vivants dans ce petit monde bleu, on est foutus ».
Ruben Pensa a consacré une série de dessins à la problématique des feux de forêt, parfois déclenchés volontairement pour gagner des surfaces de cultures en Amérique du Sud notamment. Ce sont dans ces œuvres que surgissent quelques touches de couleurs. Il juge « inadmissible » ces « destructions massives ».
« C’est une chose terrible. »
Les œuvres de Ruben Pensa seront mises en vente et 35% des montants récoltés reviendront à l’association Chaku qui œuvre à la replantation d’arbres en Argentine. Cette entité « essaie de sensibiliser la population aux problématiques de la disparition des forêts », indique Blaise Mulhauser, qui rappelle que la création de vastes cultures sur le continent américain sert à nourrir le bétail revendu en Europe.
Blaise Mulhauser : « Ces grandes cultures, c’est nous qui en profitons ».
L’exposition Arboles sera vernie ce samedi dès 17h en présence de l’artiste. L’ouvrage Arboles peut quant à lui être commandé auprès du Jardin botanique de Neuchâtel. Dans le parc de l’institution, c’est l’exposition Business plantes qui fera son retour dès ce printemps. /sbm









