La pandémie qui a immobilisé une grande partie du globe prend de l’âge. Le premier cas dans le canton de Neuchâtel a été enregistré début mars 2020. Retour sur cette période avec l’ancien conseiller d’État Laurent Kurth.
Cinq ans de Covid-19, et des enseignements à en tirer. Fin février 2020, le premier cas est détecté en Suisse, au Tessin. Seulement quelques jours plus tard, c’est au tour de Neuchâtel d’annoncer la première personne atteinte du Covid-19. Dès la mi-mars, la situation est prise au sérieux, et la Confédération annonce un semi-confinement, deux semaines après les premières mesures sanitaires. S’ensuivra le port du masque, l’arrivée du test PCR, le pass Covid, la fermeture des magasins qui ne sont pas de première nécessité, et de nombreuses autres mesures sanitaires.
À l’époque, Laurent Kurth est conseiller d’État, en charge des finances et de la santé. C’est lui qui sera en charge d’appliquer les différentes mesures qui viennent de la Confédération, au Canton de Neuchâtel. Un travail complexe, notamment en raison des différences de mesures entre les différents cantons, qu’ils soient romands ou alémaniques. Mais cette situation n’était pas systématiquement présente : « il y a des domaines dans lesquels les cantons demandaient que le Conseil fédéral intervienne pour qu’on ait une application uniforme des dispositifs », précise l’ancien conseiller d’État.
Laurent Kurth : « Les étudiants n’allaient pas changer d’école si on portait, ou non, le masque. »
Parmi les différents défis qui ont occupé les journées de Laurent Kurth, se trouve notamment la question des hôpitaux. Dès l’arrivée des premiers cas, le nombre de personnes hospitalisées augmente en flèche. Début avril 2020, le Réseau hospitalier neuchâtelois enregistre déjà 61 personnes hospitalisées et 19 personnes décédées. Pour l’ancien conseiller d’État, la pression va avec la fonction, mais à cette période-là, il avoue avoir eu peur, notamment lors d’un épisode en particulier : « c’est quand j’ai imaginé que l’hôpital pourrait devoir refouler des gens malades. »
« Il y a une ou deux fois où on est saisi. »
Se rendre compte que le monde change
Est-ce qu’il est vraiment possible de se rendre compte que l’histoire s’écrit, quand elle se déroule devant nos yeux ?
Laurent Kurth se rappelle de certaines interactions, notamment avec des collaborateurs proches : « sur le moment, c’était plutôt une forme de questionnement qu'une véritable prise de conscience du monde qui était en train de changer. »
« Il y a beaucoup de choses qu’on regarde avec un regard rétrospectif. »
Une période qui aura marqué durablement
Au 20 février 2024, près de quatre ans après le premier cas, le Covid-19 a fait 460 décès dans le canton de Neuchâtel. Pour Laurent Kurth, ce chiffre fait partie des facteurs qui vont rester durablement dans la population : « il y a des choses qui relèvent de l’intime, des populations qui ont évidemment perdu des proches, d’autres qui ont connu des troubles de nature psychologique. »
« Je me souviens du premier cas neuchâtelois. »
Aujourd’hui, le Covid-19 n’inquiète plus autant qu’avant, même s’il reste présent. /Ecr









