Les truites ne mordent plus à l'hameçon

La pêche en rivière s’ouvre le 1er mars dans le canton de Neuchâtel. Depuis de nombreuses années ...
Les truites ne mordent plus à l'hameçon

La pêche en rivière s’ouvre le 1er mars dans le canton de Neuchâtel. Depuis de nombreuses années, les prises ont diminué de manières inquiétantes. Le constat est général. Dans le Seyon en revanche, la reproduction naturelle est bonne depuis trois ans.

Les pêcheurs attrapent de moins en moins de truites. (Photo : archives). Les pêcheurs attrapent de moins en moins de truites. (Photo : archives).

Le 1er mars ne coïncide pas seulement avec la commémoration de la Révolution neuchâteloise. C’est aussi la date d’ouverture de la pêche amateur sur le lac et de la pêche en rivière. Et le constat n’est pas nouveau : les truites ne mordent plus à l’hameçon. Selon les statistiques du Service cantonal de la faune, le nombre de prises dans l’Areuse a diminué de 60% en l’espace de dix ans. Des proportions similaires sont enregistrées dans les autres cours d’eau du canton.

Dans l’Areuse, la diminution drastique de la population de truites a encore été confirmée par les deux pêches électriques réalisées l’été dernier par le Service cantonal de la Faune à la hauteur de Travers et Couvet. En réalité, cette érosion des populations de salmonidés, truites et ombres, concerne l’ensemble du territoire national et elle touche donc aussi, outre l’Areuse, les deux autres principaux cours d’eau du canton, le Doubs et le Seyon.

La truite zébrée du Doubs – espèce endémique - était jugée proche de la disparition en raison de l’état de dégradation de la rivière et le débit irrégulier du barrage hydroélectrique. Après la ratification d’une charte du Doubs en 2006 déjà, l’extinction a été évitée. Mais la situation actuelle ne rassure pas Thierry Christen, le président de l’Association les pêcheurs la Gaule : « Au niveau des éclusiers, des efforts conséquents ont été faits. Ce n’est plus trop le problème. Mais malheureusement la qualité de l’eau est toujours insuffisante. »

Thierry Christen montre du doigt la STEP du Locle, qui n’est pas encore équipée de filtres à micropolluants contrairement à celles de La Chaux-de-Fonds et d’Engollon, au Val-de-Ruz : « Et j’ai aussi l’impression qu'en France, on ne fait pas beaucoup d’efforts. »

Thierry Christen : « Dans le Doubs, on a toujours ce problème de maladie, la saprolégnia. »

Depuis l’an dernier, la STEP du Val-de-Ruz est donc équipée de filtres à micropolluants. Cette innovation aura-t-elle une incidence sur la population de truites ? Le biologiste Damien Reichen en est persuadé. Mais il constate aussi que depuis trois ans la reproduction naturelle est très bonne dans le Seyon : « Ce cours d’eau présente une assez bonne qualité de morphologie naturelle. On a recréé de nouvelles frayères dans le haut du Seyon, en rajoutant du gravier. On a également fait quelques actions dans les petits affluents ». Autant d’arguments qui plaident selon Damien Reichen en faveur des géniteurs.

Damien Reichen : « On essaie de favoriser la reproduction. »

A relever qu’on ne procède plus à de l’alevinage, ni dans le Seyon, ni dans le Doubs, depuis plusieurs années. /mne


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