Prisons neuchâteloises sous tension

Actuellement, la directrice et son adjoint sont en congé à Gorgier et le directeur à La Chaux-de-Fonds ...
Prisons neuchâteloises sous tension

Actuellement, la directrice et son adjoint sont en congé à Gorgier et le directeur à La Chaux-de-Fonds est absent. Par ailleurs, une enquête a été initiée en ce qui concerne la direction de Bellevue. Le conseiller d’État Alain Ribaux comprend les inquiétudes du personnel et affirme que la situation est sous contrôle.

Un audit a été mené à la prison de Gorgier. (photo archives) Un audit a été mené à la prison de Gorgier. (photo archives)

Inquiétude dans les prisons neuchâteloises. La direction est amputée à Bellevue et partiellement à La Promenade. À Gorgier, établissement de haute sécurité, la directrice et son adjoint sont en arrêt maladie, et, à La Chaux-de-Fonds, le directeur est absent. Son adjointe assure l'intérim.

Une situation que le conseiller d’État Alain Ribaux qualifie d’exceptionnelle et temporaire et qui découle d’une addition de différents éléments. Il affirme qu’elle est sous contrôle et  précise que l'adjoint à la direction de Bellevue sera de retour prochainement. A La Chaux-de-Fonds, un remplaçant au directeur actuel, qui a démissionné, a été nommé.

Par ailleurs, un audit a été mené à la prison de Gorgier. Selon nos sources, cette enquête porte sur la directrice et sa manière de diriger l’institution. Elle conclut « notamment à l’existence d’actes de management inappropriés et attentatoires à la personnalité au sein de l’Établissement d’exécution des peines de Bellevue. » Alain Ribaux confirme l’existence de cette enquête, mais précise « ne pas pouvoir en dire davantage à ce stade. »

Un manque d’effectifs

Selon les témoignages récoltés, les établissements pénitentiaires sont à flux tendu. Lors d’absences, le personnel s’organise pour remplacer les collègues, ce qui engendre des heures supplémentaires et une surcharge de travail. Une situation complexe et qui donne aussi un message négatif aux détenus. Sans compter le fait que de travailler sous tension pourrait conduire à de mauvaises prises de décisions. Ce qui, pour l’instant, n’est pas arrivé. « Les collaborateurs sont des professionnels, mais nous ne sommes pas à l’abri », explique l’une de nos sources.

Les prisons font aussi appel à du personnel privé, en principe formé pour intervenir en milieu carcéral, mais qui n’a pas le même bagage qu’un agent de détention expérimenté et titulaire d’un brevet fédéral. Le recours à ce personnel externe représente environ 1% du total des heures. Toutefois, toujours selon nos informations, sur certaines périodes très courtes de quelques heures, par exemple à l’été 2024, près de la moitié du personnel de terrain était composée d'agents privés. Alain Ribaux dit ne pas avoir connaissance d’une telle situation. Il relève également qu’en règle générale, il n’y a pas de remplacement à l’État avant six mois d’absence. Sauf dans certains cas précis, comme dans les établissements pénitentiaires.


Le canton de Neuchâtel est mieux loti que d’autres

En ce qui concerne le manque d’effectifs, Alain Ribaux relève que le personnel n’a cessé d’augmenter ces dernières années au sein du Service pénitentiaire. Il est passé de 103 EPT en 2014 à 132 en 2025. « Ce n’est pas rien, mais ce n’est pas encore parfait. » Le conseiller d’État annonce que « de nouveaux postes seront sollicités dans le cadre du prochain exercice budgétaire. » Quant à l’idée évoquée par l’une de nos sources de diminuer le nombre de détenus pour alléger la charge de travail du personnel, Alain Ribaux relève que ce pourrait être une solution, « mais que la réalité est celle d’un besoin en places de détention. » Il précise également qu’à cet égard, le canton est mieux loti que certains de ses voisins étant donné qu’il n’y a pas de surpopulation carcérale. Alain Ribaux déclare par ailleurs « qu’une bonne nouvelle vient d’être annoncée au personnel pénitentiaire, sous forme notamment, et pas seulement, de la prise en compte, s’agissant du service de nuit, d’une décharge. » Une forme de reconnaissance à laquelle, explique-t-il, il tenait, lui qui quittera le gouvernement au terme de cette législature. /sma


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