Le dispositif d’urgences médicales du Val-de-Travers reçoit en moyenne cinquante fois moins de patients que celui de Pourtalès. C’est ce qui ressort d’un rapport de la commission Santé du Grand Conseil neuchâtelois. Elle a examiné la pertinence de garantir dans la loi un service nuit et jour dans chaque région.
Quel avenir pour le site de Couvet du Réseau hospitalier neuchâtelois, et, en particulier, pour ses urgences nocturnes ? C’est la question sur laquelle la commission Santé du Grand Conseil s’est penchée. A la mi-décembre, elle a publié un rapport en réponse à un projet de loi lancé en octobre 2023 par le groupe VertPOP. Celui-ci proposait d’ancrer dans la Loi sur le Réseau hospitalier neuchâtelois une garantie explicite de proposer à la population de chaque région du canton un service d’urgences disponible 24 heures sur 24, financé au besoin par l’État. À une courte majorité, la commission a recommandé au Grand Conseil de ne pas entrer en matière. La motivation des signataires s’enracinait dans le constat que les prestations offertes à Couvet n’avaient cessé d’être redimensionnées ces dernières années : derniers accouchements et dernières opérations en 2008, promesses de développement non-tenues en 2013 et 2017… Lors de l’été 2023, l’accueil nocturne à Couvet avait été fermé. Actuellement, c’est l’équipe du Service mobile urgences réanimation (SMUR) qui assure cette prestation, à condition qu’elle soit présente dans les infrastructures de Couvet.Craignant pour l’avenir du site, les auteurs de la proposition jugeaient qu’il était nécessaire de garantir ce type de prestations à travers une modification de loi.Saisi de la question, la commission Santé remet l’offre et les besoins en perspective. Après les mesures transitoires prises pendant l’été 2023, l’État a mis en place ce qu’il qualifie de « suivi très strict » de la situation. Il a transmis ses chiffres aux députés, qui les incluent dans le rapport et qui permettent de prendre conscience de l’asymétrie du recours aux urgences entre les régions.Des urgences nocturnes peu sollicitéesLe nombre de patients qui se sont présentés de nuit est resté limité. Sur la période qui va de novembre 2023 à avril 2024, ils n’étaient que 82 en tout, soit moins d’un patient toutes les deux nuits en moyenne, ou environ trois par semaine. À titre de comparaison, le site de Pourtalès reçoit 25 urgences nocturnes en moyenne. C’est plus de cinquante fois plus.Par ailleurs, le SMUR est sorti moins d’une fois toutes les trois nuits en moyenne, pendant la durée de six mois examinée par l’État. Dans environ un cas sur deux, les personnes qui ont poussé la porte des urgences ont pu regagner leur domicile. En tout, seuls huit patients ont dû être transportés en ambulance vers un site de soins aigus, soit un peu plus d’un par mois. Au cours de cette période, il n’y a eu aucun cas critique qui n’a pas pu être pris en charge en raison de la configuration du service d’urgence de Couvet. Finalement, le rapport relève qu’un nombre significatif d’habitants du Val-de-Travers se sont adressées aux urgences à Pourtalès et à l’Hôpital de Sainte-Croix.Plutôt que de verrouiller des prestations d’urgences dans la loi, la commission Santé souhaite que l’accès aux soins de premier recours soit adapté aux besoins de la population neuchâteloise. À cet effet, il a formulé un postulat, en des termes moins contraignants que la proposition initiale. Il s’agit en particulier d’examiner les synergies possibles entre le public et le privé. /jhi









