La Police neuchâteloise constate une augmentation des personnes demandant l’aumône dans les rues de la capitale cantonale. Si les plaintes de la population augmentent, cette pratique n’est toutefois pas illégale tant qu’elle n’est pas agressive.
La mendicité est en augmentation en ville de Neuchâtel à l’approche des Fêtes. La Police neuchâteloise, par l’intermédiaire de son porte-parole Georges-André Lozouet, confirme la hausse de cette pratique, sans pouvoir toutefois la chiffrer précisément. « On sait qu’une famille originaire de Roumanie est présente et qu’il s’agit d’une quinzaine de personnes. On sait aussi que leur activité est assez intense en cette période de fin d’année », précise-t-il.
Georges-André Lozouet : « Du moment qu’il y a de l’agressivité, cela peut faire l’objet d’une dénonciation, car c’est une infraction pénale. »
Une pratique en partie tolérée
Dans le code pénal neuchâtelois, l’article 39 règle la question de la mendicité. On peut y lire que « tout mendiant d'habitude, toute personne qui fera mendier des mineurs ou des personnes sur lesquelles elle a autorité, sera puni de l’amende. » La loi devra toutefois s’adapter à l’avenir, explique Georges-André Lozouet, car une jurisprudence du Tribunal fédéral et une recommandation de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) en matière de mendicité considèrent son interdiction comme incompatible avec les droits humains. En réalité, demander l’aumône n’est donc pas amendable tant que cela ne se fait pas de manière agressive, ce qui tomberait à ce moment-là sur le coup du code pénal.
Mais tout ceci reste subjectif, selon le porte-parole. « On peut considérer qu’il s’agit d’une pression lorsque plusieurs personnes mendient au même endroit ou attendent à la sortie d’un magasin. Là ça pose évidemment des problèmes. » Dans ces cas-là, Georges-André Lozouet conseille de faire appel à la police pour un contrôle.
Un phénomène en partie inexplicable
Mais les arrêts du Tribunal fédéral et de la CEDH datent de 2023, impossible donc d’expliquer pourquoi c’est aujourd’hui qu’une augmentation du phénomène s’observe, avoue Georges-André Lozouet. « Par contre, il y a un phénomène d’appel d’air à partir du moment où l’activité de mendicité "rapporte" dans un secteur évidemment qu’on aura plus de personnes qui s’adonnent à cette activité dans notre région. » Impossible également d’établir un lien éventuel avec les décisions prises dans d’autres cantons, comme Vaud, qui serre la vis sur la pratique.
Finalement, le porte-parole de la Police neuchâteloise invite la population à signaler les cas où la mendicité se ferait de manière agressive. « Pour le reste, il appartient à tout un chacun de savoir si on veut donner de l’argent à ces personnes sachant qu’actuellement à Neuchâtel, on a affaire à un même groupe dont c’est l’activité principale. » /cde









