Cybercriminalité : « L’ennemi, c’est toujours l’urgence »

La brigade des cyberenquêtes de la Police neuchâteloise a été créée en 2023 et depuis elle ...
Cybercriminalité : « L’ennemi, c’est toujours l’urgence »

La brigade des cyberenquêtes de la Police neuchâteloise a été créée en 2023 et depuis elle a du travail plein les bras. Son travail est essentiel pour lutter contre les arnaques en ligne, toujours plus nombreuses, surtout en cette période intense des fêtes de fin d’année.

Les cybercriminels sont souvent difficiles à identifier, car ils agissent depuis l'étranger. (Photo: LDD) Les cybercriminels sont souvent difficiles à identifier, car ils agissent depuis l'étranger. (Photo: LDD)

« C’est un combat difficile, mais qu’il faut mener », celui contre la criminalité numérique. Au sein de la Police neuchâteloise, la brigade des cyberenquêtes ne chôme pas. Cette équipe d’experts doit traiter toujours davantage de cas, quasi deux fois plus en 2024 qu’il y a trois ans. Près de 1'200 plaintes ont été enregistrées dans le canton de janvier à fin novembre pour un total de préjudices qui avoisine les six millions de francs. Immersion dans le quotidien de ces policiers pas comme les autres.

La brigade des cyberenquêtes de la Police neuchâteloise a été créée en septembre 2023. Elle est composée aujourd’hui de cinq membres qui passent la plupart de leur temps derrière un ordinateur. Pour investiguer, il faut une plainte. Dès lors, ils s’attèlent principalement à récolter des traces numériques, soit dénicher des adresses e-mail, numéros de téléphone ou adresses IP, pour remonter aux auteurs, les identifier, prendre contact avec eux, obtenir des IBAN ou encore faire fermer des sites. Facile à dire sur le papier, mais la réalité est toute autre comme l’explique Steven Bill, chef de la brigade des cyberenquêtes à la Police neuchâteloise. « Les auteurs se trouvent majoritairement à l’étranger et il existe de nombreux moyens de se camoufler pour ne pas apparaitre et être identifié. Donc cela demande une grosse dépense d’énergie. » 

Steven Bill : « Les bases légales actuelles n’ont pas été faites pour la cybercriminalité. »

Le b-a-ba pour éviter les arnaques

Si les auteurs se professionnalisent de plus en plus, et qu’il devient plus difficile d’identifier une tentative de fraude, quelques principes de prudence élémentaire peuvent éviter bien des inconvénients : prendre le temps de vérifier l’adresse courriel, ne fournir aucune donnée ou numéro de carte de crédit en réponse à un mail et ne jamais accepter de prise à distance de son ordinateur. Des règles de base qu’il s’agit de répéter et encore répéter, explique Steven Bill.

« Il y a une règle absolue, c’est prendre le temps. »

Le chef de la brigade des cyberenquêtes à la Police neuchâteloise, Steven Bill, passe des heures et des heures derrière son ordinateur. Le chef de la brigade des cyberenquêtes à la Police neuchâteloise, Steven Bill, passe des heures et des heures derrière son ordinateur.

« Malgré toute la prévention qui est faite, on a encore de la peine à atteindre un certain nombre de personnes », reconnait Steven Bill. Le commissaire adjoint précise toutefois « qu’il faudrait aussi avoir davantage de moyens. »

« Dès l’enfance, il faudrait davantage éduquer au numérique. »

Un milieu qui évolue constamment

Du travail plein les bras, des messages de prévention qui n’atteignent pas toujours leur cible, un cadre légal qui limite les possibilités, des bases juridiques internationales plus adaptées. Autant de bâtons dans les roues des experts en cybercriminalité. « Mais on n’est pas frustré », souligne Steven Bill. « En tant que policier, on aime l’aventure et le cyber c’est une aventure à vivre. Bien sûr qu’on n’arrive pas à identifier autant d’auteurs que si on travaille sur une autre thématique, mais chaque jour il y a de nouveaux défis, chaque jour nous avons de bonnes surprises. »

« Il n’y a pas un jour où il n’y a pas quelque chose de nouveau qui se passe. »

Et si les défis ne manquent pas pour les experts en criminalité numérique, c’est aussi à chacun de faire preuve de bon sens et de prudence pour éviter d’être le pigeon plumé. /jpp


 

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