La récolte du maïs dans le canton de Neuchâtel a pris du retard. Selon le directeur de la Chambre d’agriculture et de viticulture Yann Huguelit, il y aura du volume, mais pas forcément de la qualité. Les patates ont été récoltées plus tôt pour éviter la propagation du mildiou.
La récolte du maïs bat son plein dans le canton de Neuchâtel. En raison du printemps pluvieux, la plantation a pris du retard ce printemps. Et les récoltes également, puisqu’elles se terminent dans le bas du canton et vont bientôt commencer dans les vallées. Yann Huguelit, directeur de la Chambre neuchâteloise d’agriculture et de viticulture (CNAV) parle de trois à quatre semaines de retard. « Le volume en matière fraîche va être disponible, mais par contre en termes de qualité, elle sera un petit peu moindre », précise-t-il.
Yann Huguelit : « On est passablement en retard par rapport à ces trois-quatre dernières années. »
Le mildiou s’attaque aux patates
Déjà présent dans les cantons voisins comme Vaud ou Berne, le mildiou s’est attaqué aux pommes de terre neuchâteloises cette année. « Les agriculteurs ont dû protéger leurs cultures le plus possible et certains ont débuté plus rapidement les récoltes », relève Yann Huguelit. Le directeur de la CNAV précise que ce champignon « peut se propager jusque dans le tubercule. »
« Le mildiou est un champignon qui se développe par température moyenne avec beaucoup d’humidité. »
« Les années trop pluvieuses ne sont malheureusement pas bonnes pour les récoltes »
Le bilan des récoltes de l’année est donc en demi-teinte. « À part le colza qui a peut-être un peu sorti son épingle du jeu, globalement on est plutôt largement en dessous des attentes qu’on pouvait avoir par rapport à des années antérieures », déplore Yann Huguelit. Mais cela aurait pu être pire, surtout aux vues du printemps pluvieux.
« On va pouvoir avoir des stocks en termes de volume de fourrage. »
Prochaine récolte : celle des betteraves. Elles aussi sont impactées par l’humidité et le frais. Et plus que sur la racine elle-même, c’est justement sur la récolte que la pluie a des répercussions, car les terrains sont gorgés d’eau. De plus, « la terre colle la racine et donc on a souvent, malheureusement, des déductions de volume », explique le directeur de la CNAV. Ce qui impacte les charges des agriculteurs.
« On constate que le feuillage des betteraves commence à brunir. »
Pour les grandes cultures, Yann Huguelit chiffre la baisse du chiffre d’affaires à 30-40% cette année. Le directeur de la CNAV relève que : « une année comme ça tous les dix ans, c’est vivable, mais quand c’est une fois tous les deux ou trois ans, c’est compliqué au niveau économique. »
« Je ne suis pas inquiet pour l’avenir. »
Yann Huguelit se veut plutôt serein pour l’avenir. « On sait qu’on travaille avec la nature et elle n’a pas toujours les mêmes rendements », explique-t-il en précisant que « l’agriculture neuchâteloise sait s’adapter. » /lgn









