Zéro. C’est le nombre de cantons qui peut se targuer d’un plan d’action climat compatible avec les objectifs définis à Paris. Dans un rapport publié mardi, le WWF a classé les 26 cantons suisses en fonction de critères liés au secteur du bâtiment. Au classement global, Neuchâtel se place 2ème, juste après Bâle-Ville.
Deuxième, certes, mais pas parfait pour autant. Comme le souligne Leandro De Angelis, chef de projet climat et énergie du WWF Suisse, « aucun canton suisse n’est pour l’instant en mesure de contribuer aux objectifs climatiques définis à Paris ». Le canton de Neuchâtel, s’il figure parmi les meilleurs, a encore des aspects à travailler. Aux yeux du spécialiste en énergie, « le domaine dans lequel le canton pourrait vraiment s’améliorer, c’est l’assainissement énergétique des bâtiments ». Avec seulement 25% de ses systèmes de chauffage qui sont renouvelables, le canton se place bien en dessous de la moyenne suisse, située à 40%. Comme le précise le rapport du WWF, le domaine du bâtiment « est responsable de 40% de la consommation énergétique suisse et de près d’un quart des émissions de gaz à effet de serre ». Dès lors, la marge de manœuvre des cantons est large, ces derniers disposant de plusieurs moyens d’action pour limiter les émissions de CO2 dans ce domaine.
Pas que du négatif
Mais bien sûr, il y a tout de même de quoi se réjouir. En effet, comme l’explique Leandro De Angelis avec optimisme, « nombre de cantons ont pu faire de nets progrès ces dernières années ». Même si aucun canton n’est en mesure de répondre aux objectifs climatiques de Paris, « la plupart d’entre eux ont développé des stratégies très efficaces pour limiter leurs émissions de gaz à effets de serre ». À Neuchâtel par exemple, le spécialiste en énergie du WWF Suisse explique que « la promotion de la mobilité énergétique est un exemple à suivre pour le reste de la Suisse ». En effet, le canton a introduit une mesure imposant à tout nouveau bâtiment d’équiper 40% de ses places de parking avec une borne de recharge électrique.
Leandro De Angelis : « Avoir des objectifs ambitieux ne suffit pas, mais c’est déjà une bonne chose. »
Du bon partout
Au niveau suisse, Leandro De Angelis souligne que « dans chaque domaine évalué, un ou deux canton(s) ont mis en place quelque chose de particulier, qualifiable de best practice ». Même si l’accumulation de ces « meilleures pratiques » ne permettrait pas au pays de respecter les accords de Paris en matière de climat, « on en serait beaucoup plus proche que maintenant ». Ainsi, comme le déclare le spécialiste, « il n’y a pas besoin de réinventer la roue. Il suffit désormais de s’inspirer des cantons voisins afin d’améliorer la politique climatique à l’échelle globale ».
« Grâce à certaines politiques très intéressantes, on se rapproche des objectifs de l’Accord de Paris. »
« Bien pour le portefeuille »
Concernant les coûts de ces différentes mesures, Leandro De Angelis précise que ces derniers représentent des investissements sur le long terme, et pas des dépenses. « Une fois que l’efficience énergétique d’un bâtiment est améliorée, surtout si le bâtiment est très vieux, on va épargner de l’argent chaque année sur la facture d’électricité ». Comme il ne manque pas de le préciser, « plus on continue sur cette lancée, mieux ce sera pour le portefeuille du citoyen moyen ». Désormais, aux yeux du spécialiste en énergie du WWF Suisse, « il est essentiel que la politique mette le pied sur l’accélérateur ». En effet, comme il le souligne, le document produit par le WWF a permis de créer plus de transparence et constitue un instrument de travail intéressant pour les cantons. Avec ce rapport, ils peuvent désormais identifier leurs domaines à améliorer et les cantons sur lesquels ils peuvent prendre exemple. /mkr









