La Commission de la concurrence (Comco) a étendu son enquête sur des soupçons d'ententes sur les prix dans le génie civil du canton de Neuchâtel à 19 entreprises. De nouvelles perquisitions ont été menées auprès de plusieurs sociétés
"Après l’ouverture de l’enquête en novembre contre trois entreprises de construction, la Comco a trouvé des indices de comportements anticoncurrentiels, en partie systématiques, concernant d’autres entreprises. Pour cette raison, elle a très récemment étendu l’enquête contre 16 nouvelles entreprises", a déclaré jeudi à Keystone-ATS, Frank Stüssi, directeur suppléant.
"Nous n'avons pas vérifié s'il s'agissait de toutes les entreprises de construction du canton de Neuchâtel", a ajouté le directeur suppléant. Toutes les sociétés bénéficient de la présomption d'innocence.
Centaines d'appels d'offres
Ces entreprises sont soupçonnées d’avoir coordonné leurs offres et leurs prix pendant plusieurs années pour des marchés publics et privés. Une centaine d’appels d’offres dans le domaine du génie civil et du bâtiment, entre 2013 et 2023, sont potentiellement concernés.
L’enquête, qui devrait durer trois ans, examinera s’il existe effectivement des restrictions illicites à la concurrence, a précisé la Comco.
Lorsque des entreprises s’accordent sur les prix à soumettre lors d’un appel d’offres ainsi que sur l’entreprise qui est censée remporter l’appel d’offres, ces entreprises forment un cartel de soumission illicite. Les cartels de soumission augmentent les prix, rendent les entreprises inefficaces et constituent une entrave à l’innovation. "Ils nuisent tant à l’économie qu’aux pouvoirs publics", a expliqué la Comco.
Réaction neuchâteloise
Secrétaire général de la Fédération neuchâteloise des entrepreneurs, Jean-Claude Baudoin veut interpeller la Confédération par rapport à la publication du nom des entreprises sous enquête. Il n’exclut pas de charger les élus neuchâtelois à Berne d’intervenir. /ATS-fba-sma








