Satisfait, mais pas totalement. C’est le sentiment qui anime le comité de l’association pour des stands de tirs responsables au regard de mesures de réduction de bruit annoncées ce jeudi
Des mesures sont et seront encore prises pour réduire les nuisances sonores des stands de tirs de Plan-du-Bois et de Bôle. Faisant suite à une lettre et une pétition de l’association pour des stands de tirs responsables, le service cantonal de la sécurité civile et militaire, la police cantonale, le département fédéral de la défense, l’Armée et Arma suisse ont présenté jeudi la suite des mesures qu’ils vont mettre en œuvre. Pour le site de Bôle, il s’agit de construire des tunnels de tirs avant fin 2023, un investissement de 190'000 francs qui sera financé par Armasuisse. Pour le stand de Plan-du-Bois, il est question de supprimer les tirs militaires le vendredi à partir de 16h et le samedi, ceux de la police et de l’école de police le samedi après-midi, de supprimer les tirs en semaine entre midi et 13 heures, et de réduire de 50% les activités des sociétés de tir. Des mesures qui sont saluées par l’association, mais qui la laisse sur sa faim.
Les expertises d’analyse réalisées depuis 2020 à proximité des stands de tirs de Bôle et de Plan-du-Bois indiquent que les normes de l’Ordonnance fédérale sur la protection contre le bruit (OPB) sont respectées, mais le groupe de riverains veut aller plus loin, nous a confié Grégoire Chabloz-Zmoss, le président de l'association. Elle veut ancrer la notion de santé publique dans ces normes, comme c’est déjà le cas pour la circulation routière ou l’aviation.
En plus de la notion de santé publique, l’association demande surtout que les souffrances physiques et mentales des riverains soient prises en compte dans les normes de l'OPB. Ainsi, et bien qu'en partie entendue, elle veut étendre ses contacts avec les politiciens, explique Grégoire Chabloz-Zmoos.
L’association va continuer à se battre pour une solution « zéro bruit », qui comprendrait la construction de halles de tirs. Une solution qui ne répondrait pas aux principes de l’Ordonnance fédérale sur la protection contre le bruit, selon lesquels les investissements doivent être proportionnés et économiquement supportables. Grégoire Chabloz-Zmoos reconnait que cette option a un coût relativement élevé, mais il est persuadé qu’elle comporte de nombreux avantages et que la question de nuisances doit être considérée dans la définition du bien-être des citoyens. Pour cela, il faudra peut-être faire évoluer les traditions suisses de tirs en extérieur et accepter cette proposition novatrice, relève le président de l’association.
Quid des sociétés de tirs ?
L’une des mesures qui sera prise pour réduire les nuisances sonores sur le site de Plan-du-Bois est la réduction de 50% des activités des sociétés de tirs. Thierry Michel, le chef du service de la sécurité civile et militaire (SSCM), propriétaire des stands de tir, nous a expliqué que les tirs civils représentent 15 à 20% de l’activité, mais sont bien moins bruyants que ceux de l’armée ou de la police. Une question de calibres utilisés puisque les civils n’ont pas le droit de tirer avec des fusils d’assaut. Concrètement, l’objectif est d’avoir le moins possible de samedi où il y a des tirs.
Thierry Michel reconnaît que cette décision de diminuer l’activité des sociétés, qui sont au nombre de trois à utiliser ce site, « ne va pas vraiment dans leur sens ». Il explique toutefois que pour concilier qualité de vie des riverains et tirs, il fallait trouver des solutions. Comme l’armée et la police utilisent ces stands à des fins d’instruction, cela ajoute une contrainte et il n’est pas possible de diminuer davantage leurs activités. Ainsi, le dernier levier qui pouvait être activé est celui de la diminution des tirs civils. Une mesure qui a été communiquée aux sociétés et selon le chef du SSCM, « elles préfèrent quand même devoir diminuer plutôt qu’arrêter totalement ». Reste qu’elles peuvent toujours s’approcher d’autres stands de tir de la région si elles le souhaitent. /lgn









