Le Réseau hospitalier neuchâtelois affiche des comptes rouge vif

Le déficit atteint 10,9 millions de francs pour l’année 2022. Le RHNe évoque un engorgement ...
Le Réseau hospitalier neuchâtelois affiche des comptes rouge vif

Le déficit atteint 10,9 millions de francs pour l’année 2022. Le RHNe évoque un engorgement du dispositif et des tarifs qui ne couvrent pas les charges

Le RHNe a présenté ses comptes 2022 sur le site de Pourtalès mardi. (Photo d'archives) Le RHNe a présenté ses comptes 2022 sur le site de Pourtalès mardi. (Photo d'archives)

Le déficit se creuse au Réseau hospitalier neuchâtelois. Les comptes 2022 du RHNe affichent une perte de 10,9 millions de francs, alors que le budget prévoyait un trou de 5,9 millions de francs. Plusieurs facteurs expliquent cette péjoration, selon l’institution. L’activité hospitalière s’est révélée très élevée au fil de l’année avec des pics à plus de 400 lits occupés, alors que la capacité idéale se situe davantage autour de 300 à 350 places. L’institution a par exemple enregistré 18'741 sorties en soins aigus, en hausse de 3,7% par rapport à 2021 et une durée moyenne de séjour plus importante. Le nombre d’admissions aux urgences est aussi en augmentation de 20% avec 160 arrivées quotidiennes en moyenne.


Nombre record de patients en attente de placement

Mais « une activité importante n’est pas forcément synonyme de rentabilité financière », explique le directeur des finances du RHNe, Léonard Blatti. Ces lits supplémentaires ont été utilisés pour des patients atteints du Covid (1'716 patients hospitalisés, contre 735 en 2021), mais aussi par un nombre record de patients en attente de placement dans un EMS. Comme la rémunération est calquée sur celle des établissements médico-sociaux, le manque à gagner pour le RHNe s’élève à 3,7 millions de francs. Ces patients, au nombre de 832, cumulent 13'724 journées sur les différents sites du RHNe, contre 4'354 en 2021.


Interventions non urgentes reportées

Le Réseau hospitalier neuchâtelois a dû maintenir une organisation de crise, en lien avec le Covid, avec une perte évaluée à 13 millions de francs, qui devrait toutefois être compensée par une subvention cantonale. Pour mener à bien ses différentes missions, l’hôpital public a dû recourir à du personnel intérimaire plus coûteux et les employés ont aussi cumulé les heures supplémentaires, ce qui crée un surcoût d’un million de francs. Cette situation a par ailleurs conduit au report de plus de 350 interventions chirurgicales non urgentes, ce qui entraîne une perte de recettes.

L’inflation joue également un rôle dans ce déficit avec une augmentation des charges estimée entre 2 et 3 millions de francs pour l’acquisition de médicaments, de matériel médical ou de nourriture.


Les défis à venir

Un programme d’économies avait été mis en place pour contenir les pertes. Il a jusque-là permis d’épargner 3,5 millions de francs, contre 5 millions de francs prévus initialement pour 2022. Le budget 2023 inclut quant à lui des mesures d’économies à hauteur de 18 millions de francs. Pour le directeur des finances Léonard Blatti, il faut rouvrir les négociations sur les tarifs avec les assurances maladie, mais aussi avec le Conseil d’État sur la question des prestations d’intérêt général (PIG). À ses yeux, il est nécessaire d’obtenir « un financement plus juste de nos prestations ». /sbe


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