Deux hommes ont été reconnus coupables de brigandage et de contrainte ce lundi par le Tribunal criminel à La Chaux-de-Fonds. Ils écopent d'une peine de prison de 38 mois pour l'un et de 44 mois pour l'autre. Celui dont la culpabilité est jugée comme étant la plus lourde voit le sursis d’une précédente peine privative de liberté de huit mois être révoqué.
Plusieurs faits étaient reprochés aux deux hommes, dont un vol dans les locaux de l’Université de Neuchâtel pour l’un, et un rodéo routier dans les rues d’Auvernier, avec une voiture volée et sans permis de conduire, pour l’autre. Mais la plus grande partie de l’audience s’est concentrée sur le braquage du guichet CFF de La Chaux-de-Fonds. Le 18 octobre 2021, les deux complices s’étaient rendus sur place pour exiger qu’on leur remette l’argent des caisses et du coffre-fort. Munis d’une arme factice et imitant un accent étranger, les deux hommes avaient mis en joue plusieurs employés et clients présents sur les lieux; les plaignants dans cette affaire. Au final, le butin s’était élevé à plus de 41'000 francs auxquels s'ajoutaient des chèques Reka pour un montant de 3'450 francs.
Les deux complices ont ensuite dilapidé le montant du braquage dans diverses soirées et fêtes dans le sud de la France et en Espagne notamment.
L'un deux a par ailleurs été reconnu coupable de blanchiment d'argent pour avoir remis les chèques REKA à un tiers, qui les a convertis et écoulés. Le Tribunal a toutefois renoncé à retenir des circonstances aggravantes dans le cadre de ce brigandage, soit via le critère de vol en bandes ou de dangerosité.
Deux récidivistes avec une forte culpabilité
Les deux hommes n’en étaient pas à leur coup d’essai. Ils ont tous les deux récidivé lors de cette opération. Lors de leur interrogatoire, ils ont fait part de leurs excuses aux plaignants, notamment à l’attention d’un employé de la compagnie ferroviaire présent dans la salle. Des déclarations qui n’ont pas ému le Ministère public qui a dépeint un portrait très cru des deux hommes lors de son réquisitoire.
« Ils devraient être des jeunes normaux qui ont des hauts et bas, qui ont des désirs, des projets, des attentes, des révoltes. Au lieu de cela, ils sont connus de toutes les forces de police du canton et des magistrats. Ils ont des dettes pour des centaines de milliers de francs. Leurs lésés s’accumulent. La taule, c’est leur réalité », s’est exclamé le procureur Jean-Paul Ros. Ce dernier a aussi souligné leur manque de collaboration durant les débuts de l’enquête et a ressorti du dossier l’avis d’un expert qui dénotait le risque avéré de voir les deux hommes récidiver encore.
Si la culpabilité des deux hommes ne faisait pas l’ombre d’un doute pour le procureur, les mandataires des deux prévenus ont axé leur défense sur le passé difficile de leurs clients. L’un d’eux avait 10 ans lorsque son père s’est suicidé, l’autre a fait face à une enfance difficile avec son paternel australien et une relation difficile avec deux de ses frères. Les deux avocats ont aussi argumenté que le braquage n’était pas prémédité. Pour illustrer ses propos, l’avocate du plus jeune des prévenus a notamment rappelé que son client avait oublié le sac avec le butin au moment de partir du guichet et était retourné sur place pour le chercher. Une vision à laquelle ne se sont pas ralliés les juges. « L’intensité de la volonté délictuelle est marquée au vu des préparatifs. Le but de l’opération était bien l’argent alors que la situation des prévenus n’était pas désespérée », s’est exclamé le président du Tribunal au moment de rendre le jugement.
Les parties ont désormais dix jours pour faire appel du jugement. /lre









