Difficile de ne pas la croiser dans les rues de Neuchâtel. Elle y vend des journaux à la criée depuis 31 ans et ne changerait de vie pour rien au monde. Pour notre « série des fêtes », nous sommes allés à la rencontre de Ciana Toscoz
« Comme maman, j’aimerais faire mon métier jusqu’à 88 ans si c’est possible ». Voilà ce que répond Ciana Toscoz quand on lui demande comment elle voit son futur. Il n’y a rien que la sexagénaire n’aime davantage que de vendre ses journaux à la criée. Voilà trois décennies qu’elle se rend régulièrement dans une rue de Neuchâtel pour s’y poster des heures durant sur sa chaise et déclamer ses annonces. Confrontée de plein fouet aux températures glaciales du moment, il n’y a toujours guère que l’indifférence des gens qui peut quelque peu la refroidir : « Le plus dur, ce sont les gens qui détournent la tête pour ne pas vous voir ». Elle rajoute qu’un petit bonjour, voire un petit sourire peut tout à fait remplacer l’achat d’un de ses magazines.
Une vie difficile
Entre ses problèmes de santé et des parents qui l’ont abandonnée, Ciana Toscoz n’a pas été gâtée par la vie. À l’assurance invalidité et désormais retraitée, son activité de vendeuse à la criée lui a permis de mettre un peu de beurre dans les épinards. Avant tout, elle obtient grâce à son métier ce contact avec les gens qu’elle affectionne tant. Surtout à Neuchâtel : « Les gens ici me gâtent beaucoup et sont très agréables », dit-elle, entre deux salutations de passants qui semblent désormais très bien connaître Ciana Toscoz.
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