Un homme a été condamné mercredi par la Cour pénale de Neuchâtel à trois ans de prison dont six mois ferme. Il avait écopé de quatre ans et demi de prison en première instance pour avoir étranglé et poignardé à deux reprises son ancienne compagne
Verdict plus clément pour une tentative de meurtre. Un homme de 37 ans a été condamné mercredi à trois ans de prison dont six mois ferme par la Cour pénale de Neuchâtel. Il a été reconnu coupable d’avoir étranglé et poignardé au thorax et à deux reprises son ancienne compagne. Les juges de première instance avaient prononcé, en octobre de l’année dernière, une peine de 4 ans et demi de prison.
Une intention d’homicide
L’affaire s’est déroulée le 19 juin 2019 au lendemain d’une rupture amoureuse qui a affecté le prévenu. Il s’est présenté chez la victime pour récupérer du mobilier de jardin avec, peut-être, l’intention de renouer avec elle. Il avait dans sa poche des gants et un couteau, celui qu’il utilisera pour la poignarder. La Cour relève dans son verdict que, contrairement aux affirmations de la défense, le prévenu avait la volonté d’en finir avec la victime. « Dès que l’attaque commence, il y a une sorte d’acharnement. » D'abord, il l’étrangle. Et, à la suite de ce que la Cour qualifie d’échec, il finit son action avec un couteau. Pour les juges cantonaux, c’est l’intervention des voisines qui ont sauvé la vie de la victime. Ils retiennent, dans la fixation de la peine, une responsabilité légèrement restreinte du prévenu. La Cour n'est pas revenue sur la préméditation ,qui avait été écartée en première instance, et sur laquelle ne portait pas le recours.
On ne peut pas tolérer les violences faites aux femmes
Le procureur a aussi plaidé pour la tentative de meurtre. « Quand on donne un coup dans une zone mortelle, on prend le risque de tuer. » La peine est certes réduite par rapport à la première instance, mais pour Nicolas Aubert, le plus important est retenu, à savoir la qualification juridique de tentative de meurtre. Il a relevé dans sa plaidoirie qu’une tentative de meurtre est commise toutes les deux semaines en Suisse, dont la plus grande majorité à l’encontre des femmes. « Il faut véritablement lutter contre ce fléau » et montrer qu’on « ne s’en sort pas avec un sursis complet quand on s’en prend de cette manière à sa concubine ou à son ex-concubine.»
La partie plaignante demandait également de maintenir la prévention de tentative de meurtre.
Pas de volonté de tuer
Lors de son audition, le prévenu relève que ses souvenirs de l’agression sont flous et discontinus. Il admet les faits mais ne se les explique pas. Il est en revanche catégorique sur un point : il n’avait pas l’intention de tuer. Son avocat a relevé, lors de sa plaidoirie, qu’aujourd’hui son client est conscient que l’utilisation d’un couteau est dangereuse. Mais pas à l’époque. Il est aussi longuement revenu sur l’état psychologique du prévenu. L’expert psychiatre qui l’a vu relève des traits de personnalité psychotique narcissique et de type paranoïaque. Son client n’était pas lui-même au moment des faits.
Les parties ont 30 jours pour faire appel auprès du Tribunal fédéral une fois qu’elles auront reçu le jugement par écrit. /sma









