Les garagistes suisses se préparent à une révolution

L’Union européenne a décidé d’en finir avec les moteurs thermiques traditionnels en 2035. Une ...
Les garagistes suisses se préparent à une révolution

L’Union européenne a décidé d’en finir avec les moteurs thermiques traditionnels en 2035. Une décision qui devrait avoir un impact important pour la branche automobile en Suisse et dans le canton de Neuchâtel

Les émanations de CO2 des véhicules neufs, dans moins de quinze ans, c'est fini (Photo : KEYSTONE / Gaëtan Bally). Les émanations de CO2 des véhicules neufs, dans moins de quinze ans, c'est fini (Photo : KEYSTONE / Gaëtan Bally).

La fin des voitures à essence ou au diesel est annoncée. Les 27 Etats membres de l’Union européenne ont décidé fin juin qu’à partir de 2035, les émissions de CO2 des automobiles et des utilitaires neufs seront réduites à zéro. Une décision qui revient à un arrêt de mort pour les véhicules individuels à propulsion thermique. Elle devrait mener à un sursaut de la filière électrique, mais aussi d’autres options, telles que l’hydrogène ou les carburants neutres en carbone.


Berne pourrait suivre l’Europe

La Suisse pourrait s’aligner totalement ou en partie sur cette position. Le Conseil fédéral élabore actuellement le message relatif à la révision de la loi sur le CO₂, un projet a été mis en consultation en décembre 2021.

Du côté des professionnels de l’automobile, cette décision s’apparente à une révolution. Patron du garage qui porte son nom à Neuchâtel, Pierre-Daniel Senn est également vice-président de l’Union professionnelle suisse de l’automobile et président de la section neuchâteloise. Il est aussi vice-président de l’Union suisse des arts et métiers. Il s’attend à ce que la Suisse suive l’exemple européen :

Cela laisse moins de quinze ans au secteur automobile pour s’adapter, et pour renforcer son expertise dans le domaine des voitures électriques et des motorisations alternatives. Pour Pierre-Daniel Senn, la branche va devoir miser sur la formation :

Un changement qui bouleverse les habitudes

Toute la branche va être affectée par cette décision, et la clientèle également. Pendant la période de transition, les ménages les plus modestes risquent de ne plus pouvoir se payer de voitures, les véhicules électriques restant plus onéreux que les automobiles traditionnelles. Pour cette raison, les experts prédisent un boum du marché de la voiture d’occasion.

Les passages au garage pourraient également revenir moins cher. Certains racontent en effet que que les voitures électriques nécessitent moins de pièces, de main-d’œuvre et moins d’entretien, ce qui pourrait à l’avenir alléger la facture. Pierre-Daniel Senn tempère ces prédictions :

Pour Pierre-Daniel Senn, cette transition est réalisable du point de vue technologique. Sur le plan économique, elle représente un défi, mais également des opportunités à saisir pour les garagistes. Les principales difficultés selon lui vont consister à tenir compte de la population et des efforts qu’elle est prête à consentir, elle qui est déjà malmenée par les crises de ces dernières années. /jhi


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