Le tribunal criminel de Neuchâtel a rendu son jugement jeudi dans l’affaire d’une mineure droguée et abusée par un homme de 44 ans. Le prévenu écope de 7 ans et demi de prison notamment pour homicide par négligence et actes d’ordre sexuel avec mineurs
Le prévenu dans l’affaire de l’overdose fatale échappe à la condamnation pour meurtre. Le Tribunal criminel de Neuchâtel a rendu son jugement jeudi. Un homme de 44 ans au moment des faits avait comparu devant la justice en mai concernant le décès à son domicile d’une jeune fille âgée entre 12 et 14 ans. A cette époque, l’accusé entretenait régulièrement des relations sexuelles avec la victime. Lors d’une soirée de septembre 2020, il lui avait donné de la drogue, qui avait provoqué son décès par overdose.
Au moment du procés, le Ministère public avait requis 11 ans d'emprisonnement. Mais contrairement à ce que réclamait l’avocate de la mère de la jeune fille, l’homicide n’a pas été retenu. La justice est allée dans le sens de la défense en optant pour l’homicide par négligence. Le jour du drame, la jeune femme avait souffert d’une lente agonie, causée par l’ingestion de méthadone en quantité importante. Le prévenu avait constaté à plusieurs reprises qu’elle respirait mal, sans contacter les secours. Au contraire, il avait même filmé ses parties intimes alors qu’elle demeurait inconsciente. Le juge estime toutefois qu’au moment où l’homme a commis l’acte fatal, c’est-à-dire lorsqu’il a donné de la méthadone à sa victime, il n’était pas suffisamment conscient que ce geste pourrait entraîner la mort.
Sept ans et demi de prison et traitement psychiatrique
Outre l’homicide par négligence, la justice a retenu différents chefs d’accusation dont des actes d’ordre sexuel avec mineurs, l’omission de porter secours, la remise de substances illicites à des enfants pouvant mettre en danger leur santé, la pornographie et l’infraction à la loi sur les stupéfiants.
La peine est notamment calculée en fonction de l’acte d’ordre sexuel avec mineurs, qui est dans ce cas l’infraction la plus grave au sens de la loi. Il écope donc de 7 ans et demi de prison, suspendue au profit d’une mesure de traitement institutionnel en milieu fermé. Il devra aussi, outre les frais de justice, verser à la mère de la victime 50'000 francs pour tort moral.
Le prévenu a été diagnostiqué pédophile par les psychiatres. Pour l’heure, ces experts jugent très probable le risque qu’il recommence à entretenir des relations sexuelles avec des mineurs. Sa dangerosité sera donc réévaluée tous les 5 ans, ce qui signifie qu’en fonction des conclusions des médecins, il pourrait, en théorie, rester en milieu fermé plus longtemps que les 7 ans et demi fixés par la peine. Les parties ont 10 jours pour faire appel. /ara









