Depuis l’instauration de la 2G, voire de la 2G+, les comédiens amateurs neuchâtelois jouent devant des salles parfois à moitié vides. Une baisse des fréquentations drastiques qui pèse sur les finances et le moral des troupes
Le théâtre amateur neuchâtelois souffre de la situation sanitaire. Depuis l’instauration de la 2G, voire de la 2G+ pour les formations 100% amateures, une baisse drastique des fréquentations frappe les salles.
« La situation est catastrophique », selon les mots de Jean-François Droxler, président et metteur en scène de la troupe amateur Comoedia Le Locle. La première de la saison a lieu ce vendredi et la société théâtrale est à des lustres de ce à quoi elle est habituée. Jean-François Droxler :
Les explications sont multiples, mais la situation sanitaire arrive en tête de liste. Plus particulièrement, l’instauration de la 2G est citée par toutes les troupes contactées par notre rédaction.
Jean-François Droxler estime également que les gens sont frileux car ils ont peur des possibles annulations de dernière minute. De plus, la pièce jouée par la troupe de Comoedia cette année est une reprise. Elle avait commencé sa série de représentations en 2020 avant d’y mettre un terme à cause de la crise sanitaire. Le président s’attend donc à ce qu’un certain nombre de personnes ne revienne pas voir la pièce.
Malgré cette situation, les membres de Comoedia restent motivés :
Pour Comoedia, pas de doute : la saison va être déficitaire, mais la société théâtrale va réussir à éviter la casse. En effet, la troupe n’a pas de frais de location, comme elle possède sa propre salle.
A Colombier, Aline Moser, la co-présidente de La Nouvelle Colombière est révoltée. La troupe 100% amateure est, elle, soumise à la règle de la 2G+ (guéris, vaccinés et testés ou alors guéris et vaccinés depuis moins de quatre mois). Il était exclu pour la compagnie que ses comédiens jouent masqués.
La Nouvelle Colombière s’attend à moitié moins de rentrée d’argent cette saison et cela inquiète Aline Moser. Elle craint que cela remette en question la prochaine saison, voire la pérennité de la troupe. De plus, les sièges vides pèsent sur l’entrain des comédiens qui ne sont pas habitués à jouer devant des salles aussi vides et silencieuses.
Pour finir, du côté du ZAP théâtre à La Chaux-de-Fonds, la structure professionnelle - qui engage également des comédiens amateurs - ne se porte pas mieux. La co-directrice, Cathy Adatte :
La Fédération suisse des sociétés théâtrales d’amateurs confirme que la situation est la même partout dans le canton et dans le reste de la Suisse. La présidente de la Fédération, Natacha Astuto Laubscher, relève toutefois un point positif. Pour elle, les amateurs ne sont pas oubliés des aides de la Confédération.
Comme les compagnies peuvent jouer, aucune aide n’est prévue pour celles qui décident d’arrêter leur activité. En revanche, pour celles qui jouent, mais qui enregistrent une baisse des fréquentations et des revenus, jusqu’à 80% des pertes peuvent être couvertes par les aides.
En ce qui concerne la règle de la 2G+, qui touche les troupes amateures, la Fédération s’y était opposée et continue son combat pour que les comédiens soient reconnus comme un groupe fixe. Cette reconnaissance les exempterait de porter le masque pour les représentations, contrairement au public.
Du côté des théâtres professionnels, le théâtre populaire romand (TPR) à La Chaux-de-Fonds n’est pas aussi alarmiste. Il attend toutefois ses spectacles de la semaine prochaine pour faire le point, mais imagine également une baisse de fréquentation en raison de la règle des 2G. /cde









