La facture énergétique du consommateur neuchâtelois va s’alourdir

La hausse du prix de l’énergie est vertigineuse. Les prix du charbon, du pétrole et du gaz ...
La facture énergétique du consommateur neuchâtelois va s’alourdir

La hausse du prix de l’énergie est vertigineuse. Les prix du charbon, du pétrole et du gaz atteignent des sommets sur les marchés mondiaux. En revanche, le prix de l’électricité en Suisse ne devrait pas flamber en 2022

La hausse du prix de l'électricité devrait être modérée, de l'ordre de 3% en moyenne. (Photo : LDD) La hausse du prix de l'électricité devrait être modérée, de l'ordre de 3% en moyenne. (Photo : LDD)

Le prix du gaz a explosé dans le monde. Les compteurs des marchés mondiaux s’affolent ces dernières semaines. Le prix s’est multiplié par sept depuis une année.

Le consommateur neuchâtelois n’en sortira pas indemne. Viteos estime une hausse des factures d’au moins 10% l’année prochaine. « Notre entreprise va devoir malheureusement répercuter les prix que nos propres fournisseurs d’énergie vont nous facturer pour les mois à venir », regrette Claire-Lise Clément, secrétaire générale de Viteos, qui précise que les prix n'ont pas encore été fixés définitivement. Ceux-ci sont fortement influencés par des facteurs externes, tels que la relance économique, une pénurie des matières premières et une hausse du prix des droits d’émission de CO2.

Chez Groupe E, on pointe aussi du doigt la piste russe. Johann Ruffieux, responsable du trading  :

Si le prix de l’électricité a bondi de 30% en Italie, et devrait augmenter de 13% en France l’année prochaine, la hausse restera modérée en Suisse. La Commission fédérale de l’électricité a annoncé un léger renchérissement de 3% en moyenne pour 2022. Nous sommes donc bien loin des prévisions de nos voisins européens. Cette stabilité relative des prix s’explique notamment par des contrats à long terme conclus par les fournisseurs. Ils protègent les consommateurs contre les fluctuations du marché.

Johann Ruffieux explique l’avantage des marchés captifs :

La Suisse peut-elle limiter sa dépendance énergétique ?

La Suisse est importatrice nette. A l’heure actuelle, l’hydraulique fournit 60% de l’énergie. Le reste se compose majoritairement de nucléaire, puis d’une pincée d’énergies renouvelables. La saison d’hiver est problématique, car le solaire et l’éolien ne compensent pas la hausse de la demande. Selon Johann Ruffieux, la Suisse devra rapidement décider de sa stratégie. Il faut au moins 20 ans pour développer des projets de stockage hydraulique. Or un risque significatif de pénurie est attendu entre 2030 et 2045. « Des projets qui ne sont pas lancés maintenant ne verront pas le jour à temps », estime le responsable du trading chez Groupe E. L’option du nucléaire, donc de la prolongation de vie des centrales, pourrait refaire surface. « La physique parle et elle a souvent raison, les chiffres sont têtus… », conclut Johann Ruffieux. /dsa


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