Le Tribunal criminel à La Chaux-de-Fonds a condamné jeudi un homme à une peine de 14 mois de prison avec sursis. Sa co-accusée écope de 25 jours-amende. Une partie des chefs d’accusation ont été écartés
Un couple hors norme, presque de fiction. Le Tribunal criminel à La Chaux-de-Fonds a rendu jeudi son verdict dans une affaire d’escroquerie visant un homme et une femme. Il a condamné le prévenu à 14 mois de prison avec sursis pour escroquerie et abus de confiance. Sa co-accusée a écopé de 25 jours amende avec sursis. Les faits se sont déroulés entre 2009 et 2012. Le Ministère public avait requis mardi une peine de deux ans et demi de prison dont six mois ferme.
Une vie fondée sur l’argent
L’homme se chargeait de récolter l’argent, la femme amenait les projets, tantôt dans la construction de maisons écologiques révolutionnaires, tantôt dans une mine de diamants au Libéria ou encore dans une marque de vêtements de luxe au Mexique. Une quarantaine de personnes ont été lésées pour un montant de 3,5 millions de francs selon l’acte d’accusation.
En ce qui concerne le prévenu, la Cour n’a retenu que 26 cas pour un préjudice de 800'000 francs. Pour les autres, elle estime que les lésés ont accepté de courir le risque d’investir dans des projets aberrants. Pire, certains ont versé plusieurs fois de grandes sommes alors que les projets ne se concrétisaient pas. Le Tribunal relève par ailleurs qu’au moment des faits, la vie de l’accusé était fondée uniquement sur l’argent. Il a agi par appât du gain et ne s’est pas arrêté même lorsque les signaux sont passés au rouge. La Cour n’a pas non plus apprécié qu’il rejette la responsabilité sur les autres notamment sur sa co-accusée. Mardi, lors de son audition, l’homme a dit avoir été mis sous pression pour qu’il ramène de l’argent frais à investir. Ce que ne retient pas le Tribunal. La seule pression qui l'a guidée a été celle de la course à l'argent. Le prévenu n’a pas non plus montré beaucoup d’égard pour les personnes lésées. Les juges n’ont par ailleurs pas donné suite à sa demande de 50'000 francs pour tort moral en raison de la médiatisation de l’affaire. Il devra en revanche s’acquitter d’une partie des frais de procédure pour un montant de 40'000 francs.
36’000 francs d'indemnités
En ce qui concerne la prévenue, la Cour relève que l’abus de confiance ne peut pas être retenu étant donné qu’elle ne connaissait pas les investisseurs. Elle n’était pas non plus sensée savoir comment son acolyte d’affaire récoltait les fonds. Le Tribunal la reconnaît en revanche coupable de gestion fautive. Elle occupait le poste de directrice de la société qui chapeautait les projets. La femme sera en revanche indemnisée pour les jours de prison qu’elle a effectué et la période durant laquelle elle a dû porter un bracelet électronique. Le montant des dédommagements se monte à 36'000 francs.
Satisfaction de la partie plaignante
Une partie des personnes lésées ont retiré leur plainte. Celles qui l’ont maintenue et dont l’escroquerie ou l’abus de confiance ont été reconnus récupéreront leur mise.
Les parties ont dix jours pour annoncer leur appel. /sma









