Heurts au Capitole : la presse américaine se déchaîne

Les grands journaux américains tirent à boulet rouge sur Donald Trump après l’irruption de ...
Heurts au Capitole : la presse américaine se déchaîne

Les grands journaux américains tirent à boulet rouge sur Donald Trump après l’irruption de supporters au congrès américain. Tour d’horizon des principaux titres

La presse américaine pointe du doigt la responsabilité de Donald Trump dans les heurts au Capitole mercredi. (Photomontage). La presse américaine pointe du doigt la responsabilité de Donald Trump dans les heurts au Capitole mercredi. (Photomontage).

« Invasion », « siège », « assaut du Capitole » : la presse américaine se déchaîne au lendemain des événements qui ont secoué Washington. Des milliers de sympathisants du président Donald Trump se sont rassemblés dans la capitale, puis ont pénétré dans le Congrès, symbole de la démocratie des Etats-Unis. Quatre personnes sont mortes dans le chaos. Les médias tirent aujourd’hui à boulets rouges sur le dirigeant républicain, jugé responsable de cette journée de violence.


« Une dictature du tiers-monde »

« C’est ainsi que Mussolini et Hitler ont commencé. Cela ne faisait pas partie de l’histoire américaine ». C’est sans doute le Daily News qui emploie les mots les plus forts pour commenter ce 6 janvier historique aux Etats-Unis. « Enseignez cette journée d’infamie à nos enfants. Enseignez pour qu’ils n’oublient jamais les profondeurs auxquelles une grande démocratie peut sombrer lorsqu’elle est trompée, divisée et dirigée par un agent narcissique du chaos. Enseignez-le pour qu’ils ressentent l’embarras profond, de sortie qu’ils ne laissent jamais cela se reproduire », écrit le journal new-yorkais. Et l’éditorialiste de rajouter au sujet de Donald Trump : « Honte à lui et honte à ses partisans qui brisent la loi. Ils sont des destructeurs de la démocratie ». Le Daily News écrit également que « le président devrait être mis en accusation et démis de ses fonctions immédiatement ». Dans une opinion, un autre journaliste dit « Bienvenue en Amérique, une dictature du tiers-monde ». Le journal a enfin salué l’intervention du président élu Joe Biden, qui a déclaré que les scènes de chaos au Capitole ne reflétaient pas la véritable Amérique et qu’elles ont été l’œuvre d’un petit nombre d’extrémistes dévoués à l’anarchie. « C’est à ça que ressemble un président. Depuis quatre ans, nous avons oublié », conclut le Daily News.


Réactions virulentes dans les autres journaux

Pour USA Today : « Donald Trump et ses partisans tentent de brûler l’Amérique, mais ils ne gagneront pas », écrit le journal. « Ce dont nous avons été témoins n’était rien de moins que le terrorisme intérieur, orchestré par Trump qui continue de manipuler ses partisans mensonge après mensonge ». Et pour évoquer les manifestants, le journal parle de voyous, de partisans délirants et d’armée pathétique de Trump. « C’est un danger clair et présent pour notre sécurité nationale ». USA Today évoque aussi l’arrivée prochaine de Joe Biden au pouvoir : « Il aura besoin de l’aide de tous les Américains – démocrates, républicains ou autres – qui aiment ce pays et que sont consternés ».

Dans ses colonnes, le New York Times parle d’une « tentative désespérée de renverser le processus démocratique ». Et d’ajouter que « tout cela n’est pas très surprenant. C’est l’aboutissement de plus de cinq ans de haine, de harcèlement violent et de théorisation du complot qui est passé du ventre d’Internet à la Maison-Blanche ».

« Dangereux, Méprisable. Et familier », note de son côté le Washington Post. « Trump a incité et encouragé cette insurrection. C’est sa création ». Le journal ajoute que « la démocratie a saigné ». Le Washington Post conclut : « Les émeutiers veulent vivre dans un monde en colère, pollué, sans cœur, ne serait-ce que parce que cela signifie qu’ils peuvent se tenir victorieux au sommet du désordre misérable ». On termine avec le Wall Street Journal qui se demande comment le pays va réagir : « Les électeurs de tous bords verront-ils maintenant le compromis et le consensus comme préférables à la poursuite de profondes divisions, ou verront-ils les événements d’hier comme une preuve supplémentaire de leur distance par rapport à leurs compatriotes avec lesquels ils ne sont pas d’accord ? ». L’avenir répondra. /rch


 

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