Il n’y a pas eu d’incendie par négligence selon le Tribunal de police à Neuchâtel. Ou en tout cas, il n’y a pas eu de négligence de la part de l’homme qui comparaissait mardi pour le sinistre ayant détruit, en octobre 2017, une partie de la maison du chemin des Chasse-Peines 1 à Hauterive. La juge a rendu son verdict : « acquittement pur et simple ».
Chef de projet chargé de la préparation et de l’exécution du chantier portant sur la toiture de l’édifice, le prévenu s'est vu reprocher de ne pas avoir pris toutes les précautions nécessaires pour éviter la propagation de la chaleur du poêle à bois d’un des appartements aux panneaux isolants du toit. C’est l’accumulation de cette chaleur sous la couche d’isolation qui aurait provoqué l’incendie, occasionnant un peu moins de 1,4 millions de francs de préjudice et mettant en danger la vie de plusieurs personnes.
De son côté, la défense a mis en évidence le rapport de la police scientifique qui précise qu’il n’a pas été possible de déterminer l’origine du sinistre. De plus, un spécialiste a été mandaté pour s’assurer que son client avait respecté toutes les règles et procédures en vigueur.
Geneviève Calpini Calame, la présidente du tribunal, s’est étonnée du travail de la défense dans ce dossier. Cette dernière s’est évertuée à prouver l’innocence de son client, notamment en faisant appel à un expert externe, alors que l’accusation s’est contentée de mettre en avant les rapports de la police scientifique. D’après la juge, le prévenu avait pour devoir d’organiser le chantier et de surveiller le travail. On ne peut pas lui reprocher les matériaux utilisés ou les employés choisis. Et il surveillait les travaux de manière adéquate. Dès lors, quelles autres précautions aurait-il pu prendre, s'interroge-t-elle ? À la lecture du rapport de police, la juge n’a constaté que des hypothèses, sans aucune analyse de la part de l’accusation.
Par conséquent, Geneviève Calpini Calame a prononcé l’acquittement total du prévenu. Les frais de justice, pour un montant d’environ 14'400 francs, sont à la charge de l’État. La commune d’Hauterive devra, quant à elle, verser un peu plus de 2’300 francs d’indemnités au prévenu.
Un appel de cette décision pourra être fait après un délai de 20 jours. /dsa









