Lourdes peines requises contre de présumés trafiquants de drogue

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Lourdes peines requises contre de présumés trafiquants de drogue

Au deuxième jour du procès à Neuchâtel de membres présumés d'un réseau de trafic de drogue, le Ministère public a requis mercredi des peines de prison entre 5 et 15 ans. Dans son réquisitoire de près de cinq heures, la procureure a défendu le travail de l'agent infiltré

 Image d'illustration. (Photo : archives) Image d'illustration. (Photo : archives)

La procureure Nathalie Guillaume-Gentil Gross a requis une peine de 15 ans de prison contre l'homme qu'elle considère comme le chef de ce réseau d'envergure internationale. Elle estime que ce Kosovar a déployé une « impressionnante énergie criminelle » et qu'il ne bénéficie d'aucune circonstance atténuante.

Contre le présumé bras droit, le Ministère public a demandé 8 ans de réclusion, et contre l'homme de main une peine de 5 ans de prison. Il a enfin requis une peine de 8 ans contre le restaurateur italien dont l'établissement aurait servi de lieu de rencontres.

Devant la Cour pénale du Tribunal cantonal, la procureure a accusé les prévenus dans l'affaire Chrome d'agir en bande, par métier et de concourir dans un trafic de drogue et de blanchiment d'argent depuis 2011.

Lors du procès en première instance en octobre 2018, l'accusé principal avait été condamné à 8 ans de prison. Une peine de 33 mois avait été infligée au second accusé. Le troisième homme avait été condamné à 1 an de prison avec sursis et le restaurateur italien à 2 ans de prison avec sursis. Ministère public et avocats des principaux prévenus avaient fait recours.

Travail de l'agent infiltré

Comme la veille, le rôle et l'influence de l'agent infiltré ont été au centre de cette audience qui s'est déroulée sous très haute surveillance policière. « Toutes les preuves sont exploitables et licites », a répété lors de son réquisitoire la procureure Nathalie Guillaume-Gentil Gross.

« Aucun vice de procédure n'a jamais été établi », a souligné la procureure en mentionnant les résultats de l'infiltration et des écoutes téléphoniques. Pour la magistrate, il n'y a eu dans ce dossier ni provocation, ni incitation de la part de ce policier agissant sous couverture.

Devant la Cour pénale du Tribunal cantonal, la procureure a précisé que l'agent devait se comporter conformément à la légende qu'il s'était fabriquée pour créer des liens dans ce milieu : un acheteur potentiel de drogue. Les prévenus ont toujours affirmé avoir été provoqués et manipulés par la taupe.

Appât du gain

« Il n'y a pas de fantasme ou d'exagération dans cette affaire Chrome », a souligné Nathalie Guillaume-Gentil Gross. « On est ici dans un milieu mafieux d'origine kosovare », a-t-elle affirmé en dénonçant la densité de l'activité criminelle déployée par les prévenus qui auraient agi par appât du gain.

Lors du procès en première instance, la procureure avait parlé de centaines de kilos de cocaïne livrées depuis l'Amérique latine en Europe entre 2011 et 2015, ainsi que de centaines de kilos de marijuana depuis l'Albanie et le Kosovo en Suisse. Pour les défenseurs, la justice et la police s'étaient fait tout un film.

Le Tribunal criminel de La Chaux-de-Fonds avait retenu le trafic de marijuana et de cocaïne mais dans une mesure qui était moins importante que celle défendue par l'accusation. /ATS-mts


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