L’affaire Chrome en appel

Quatre hommes comparaissent depuis mardi devant la Cour pénale de Neuchâtel pour trafic de ...
L’affaire Chrome en appel

Quatre hommes comparaissent depuis mardi devant la Cour pénale de Neuchâtel pour trafic de drogue international et blanchiment d’argent. Au cœur de ce procès, le rôle joué par un agent infiltré de la police

Les chiens policiers ont aussi été mis à contribution. Les chiens policiers ont aussi été mis à contribution.

Quel rôle l’agent infiltré de la police a-t-il joué dans l’un des pans de l’affaire Chrome? La Cour pénale de Neuchâtel devra répondre à cette question. Quatre hommes comparaissent depuis mardi en appel pour trafic international de stupéfiants et blanchiment d’argent. Ils avaient été condamnés en première instance à des peines allant de 8 ans de prison ferme à un an avec sursis en octobre 2018 par le Tribunal criminel à La Chaux-de-Fonds.

L’acte d’accusation fait état d’un trafic international de plusieurs centaines de kilos de cocaïne et de marijuana. Les juges de première instance n’avaient retenu que cinq kilos de drogue dure et 216 kilos de drogue douce.

Mardi, comme lors de la première audience, les avocats de la défense ont dénoncé le rôle de l’agent infiltré et les écoutes téléphoniques. Pour eux, l'agent ne se serait pas contenté d’infiltrer le réseau. Il aurait incité plusieurs prévenus à commettre des infractions. L’un des avocats est allé jusqu’à dire qu’il ne s’agissait pas d’un agent infiltré mais d’un agent provocateur. La taupe n’aurait par ailleurs pas reçu directement d’instructions du Ministère public. Concernant les écoutes téléphoniques, elles n’auraient pas rempli les exigences légales. Partant de ces constats, la défense a demandé à ce que le procès soit rejugé en 1re instance sans tenir compte des faits découlant de la taupe. Ce à quoi le Ministère public a rétorqué que tout était valable et légal. Quant à la Cour, elle n'est pas entrée en matière.

Deux des quatre prévenus contestent en bloc les faits qui leur sont reprochés. Ils expliquent certains éléments à charge en disant qu’ils ont voulu rendre service, mais qu’ils n’étaient pas au courant qu’ils transportaient de la marijuana dans leur véhicule. L’homme le plus lourdement condamné en première instance admet des transactions pour 5 kilos de cocaïne et un peu de marijuana. Ces cinq kilos de cocaïne sont justement ceux qui font suite à l'infiltration de l’agent appelé Sacha dans la procédure. Mais le prévenu affirme qu’il y a eu provocation de la part de la taupe. L’agent est aussi mis en cause par un restaurateur du Littoral. L'homme, qui se trouve également sur le banc des accusés, a mis en contact la taupe avec le principal prévenu. Mardi après-midi, pendant plus d’une heure, le tenancier du restaurant a expliqué comment Sacha s’était approché de lui, comment il avait gagné sa confiance après de nombreuses rencontres. Une fois cette confiance acquise, Sacha aurait commencé à parler de cocaïne. De fil en aiguille, un plan a été monté pour acquérir ces 5 kilos de cocaïne en plusieurs fois. Et au tenancier de préciser à deux reprises que sans Sacha, il n’y aurait jamais eu de cocaïne. Des déclarations contestées par le Ministère publique. Il s’en expliquera mercredi matin lors de son réquisitoire. 

Un dispositif de sécurité très important a été déployé au Château de Neuchâtel pour cette audience. Plus d'une dizaine de policiers, en uniforme mais aussi en civil, appuyés par des chiens, ont été déployés dans et autour du tribunal. Pour entrer dans la salle, public, journalistes et avocats ont dû se soumettre à une fouille. /sma-ats

 


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