Casse-tête autour de la mise aux normes des arrêts de transports publics

L’application de l’Ordonnance sur les aménagements visant à assurer l'accès des personnes en ...
Casse-tête autour de la mise aux normes des arrêts de transports publics

L’application de l’Ordonnance sur les aménagements visant à assurer l'accès des personnes en situation de handicap aux transports publics pose de nombreux défis

L'arrêt de tram de Serrières Ruau fait partie des haltes déjà mises aux normes. L'arrêt de tram de Serrières Ruau fait partie des haltes déjà mises aux normes.

L’Ordonnance sur les aménagements pour assurer l'accès aux transports pour les personnes en situation de handicap représente un travail de Titan. Tous les arrêts de bus et de trains doivent être mis aux normes d’ici fin 2023, ainsi que tout le matériel roulant.

Une avancée légitime, mais qui peut aussi s’avérer être un véritable casse-tête. En effet, la mise en conformité n’est pas toujours simple, principalement en ce qui concerne les arrêts. Ceux-ci doivent avoir des trottoirs larges et hauts et une signalétique tant sensorielle que visuel doit y être installée.

Partant de cette obligation, des réflexions approfondies sont menées pour réussir à aménager les plus de mille arrêts que compte le canton de Neuchâtel. Si pour certaines haltes, il ne s’agit que de travaux, la mise en œuvre est plus ardue pour d’autres où le manque de place peut être problématique. On pense notamment aux arrêts de bus se trouvant devant des sorties de garages ou de place de parc, ou encore ceux se situant dans des rues étroites ou à proximité d’obstacles.

La suppression de certaines haltes n’est cependant pas à l’ordre du jour, mais il est clair que certains arrêts poseront de nombreux défis et qu’il va falloir se creuser la tête pour trouver des solutions. L’une d’elle pourrait être de déplacer certaines haltes. Une autre serait de proposer des mesures d’accompagnement pour les passagers concernés. Et enfin, il est possible de jouer sur la proportionnalité, c’est-à-dire de mettre dans la balance la fréquence d’usage d’un arrêt et le coût de sa réfection. Problème cependant, cela induit de la discrimination pour les personnes en situation de handicap qui ne pourront donc pas utiliser ces arrêts, la situation exacte à laquelle cette ordonnance veut mettre un terme.


Qui paye ?

En ce qui concerne les arrêts de bus, ils sont en grande majorité propriétés des communes et c’est donc à elles de mettre aux normes leurs infrastructures et de prendre en charge les coûts. On parle ici de 25'000 à 50'000 francs par arrêt. Le canton de Neuchâtel pourrait néanmoins subventionner une partie de ces frais, une décision qui doit encore passer devant le Grand Conseil.

Pour ce qui est des lignes ferroviaires en main de TransN, c’est à la société de transports de s’occuper des arrêts avec ici une subvention fédérale. Quant au matériel roulant, le financement est fédéral et cantonal pour ce qui est des trains, et il se fait par l’entreprise pour ce qui est des bus.


La ligne Le Locle – Les Brenets en danger ?

Le coût des aménagements peut cependant s’avérer problématique, c’est le cas concernant la ligne Le Locle – Les Brenets. La mise aux normes demandée par l’ordonnance entraînera d’autres mises en conformité avec un effet boule de neige. En résumé, il faudra entièrement la repenser avec de gros travaux en perspective : les tunnels, les voies, les arrêts, tout serait à refaire.

Deux études ont été menées. Problème, le coût se monterait à environ 40 millions de francs pour les infrastructures, somme à laquelle il faudrait ajouter 10 millions pour du nouveau matériel roulant. 50 millions donc pour une ligne qui transporte quelques centaines de passagers par jour. Un problème désormais en main de la Confédération et du Canton qui devront prendre une décision quant à l’avenir de cette ligne. /rgi


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