De simples bougies qui virent au drame

Le volet judiciaire de l’incendie qui avait ravagé deux maisons en mars 2017 à Auvernier a ...
De simples bougies qui virent au drame

Le volet judiciaire de l’incendie qui avait ravagé deux maisons en mars 2017 à Auvernier a démarré mardi matin à l’Hôtel de Ville de Neuchâtel. Une femme doit répondre d’incendie par négligence face à une dizaine de plaignants

Les bâtiments incendiés étaient situés Grand'Rue 44 et 46 à Auvernier. Les bâtiments incendiés étaient situés Grand'Rue 44 et 46 à Auvernier.

La justice neuchâteloise s’est penchée mardi matin sur l’incendie qui avait ravagé deux maisons d’habitation dans la nuit du 24 au 25 mars 2017 au cœur du village d’Auvernier. Devant le Tribunal de police, à l’Hôtel de Ville de Neuchâtel, une femme devait répondre d’incendie par négligence face à une dizaine de plaignants ayant des prétentions de conclusions civiles.

Les conclusions de l’enquête font état de bougies mal éteintes qui se trouvaient sur une commode en bois dans le salon et d’où le feu est parti avant de s’étendre à l’ensemble des bâtiments.

La prévenue certifie avoir éteint ses bougies avant d’aller se coucher. « La pièce était noire lorsque je l’ai quittée », a-t-elle déclaré. Elle dit pouvoir reconnaître une négligence : celle de ne pas être restée à côté de ses bougies éteintes ; une négligence évoquée par la police. La prévenue ne comprend toutefois pas comment des bougies éteintes placées à plusieurs centimètres de la paroi ont pu donner le mur « incandescent », « orange », qu’elle a vu le matin. C’est le bruit des verres qui éclataient dans la commode qui l’a réveillée.

La prévenue dit s’être ensuite retrouvée en peignoir dans la rue, dépouillée de ses papiers, de son identité, puis finalement de tous ses biens. La police lui a rapidement conseillé de s’excuser auprès de ses voisins « mais pour moi, aller m’excuser, c’est comme si j’étais coupable », a-t-elle déclaré.


Plusieurs témoins appelés à la barre

Les avocats des plaignants ont mis à plusieurs reprises en avant les quelques verres de vin consommés le soir même par la prévenue en compagnie d’amis, lors d’un apéritif. Ces mêmes amis, qui se sont exprimés en tant que témoins mardi, ont toutefois dépeint une personne loin d’être négligente.

D’importants montants sont en jeu, avec des dommages évalués à 2’200'000 francs. Les prétentions civiles se chiffrent à plusieurs centaines de milliers de francs, selon l’un des avocats. L’incendie avait notamment touché l’atelier d’horlogerie Au Carillon d’or. Plusieurs horloges ont été abîmées et des machines perdues dans le drame. L’atelier a aussi été contraint de déménager pour poursuivre ses activités.

Le Ministère public requiert que la prévenue soit reconnue coupable d’incendie par négligence et propose une peine de 180 jours-amende avec sursis et le paiement des frais de justice à sa charge. Les avocats feront quant à eux leur plaidoirie le 27 novembre. /sbe


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