« Un scénario mauvais avec une mise en scène déplorable »

Les avocats des quatre jeunes accusés d'avoir organisé un enlèvement plaident l'amateurisme ...
« Un scénario mauvais avec une mise en scène déplorable »

Les avocats des quatre jeunes accusés d'avoir organisé un enlèvement plaident l'amateurisme de leurs clients au deuxième jour du procès devant le Tribunal criminel de Boudry. Le verdict sera rendu jeudi matin

Le plan des quatre jeunes qui comparaissent notamment pour tentative d'extorsion et chantage par brigandage était constitué de trop de failles pour réussir. C'est la ligne de défense adoptée par les avocats des prévenus au deuxième jour du procès devant le Tribunal criminel de Boudry.


Les prévenus avaient demandé une rançon de 3.2 millions de francs à un chef d’entreprise à la retraite après avoir enlevé son fils. Mais selon les avocats, il n’y avait aucune systématique dans la réflexion, aucune idée de ce que représentait le montant demandé; autant de points qui démontrent, selon la défense, que les prévenus ne sont pas des professionnels du crime. Ils appellent ainsi les juges à en tenir compte dans leur verdict.

La défense émet également des doutes concernant la véracité de certains faits. Selon elle, le jeune homme séquestré aurait pu être mis au courant en amont par l’intermédiaire d’une taupe, comme le détaillent des propos tenus par une ancienne petite amie d’un des prévenus. Une ligne de défense par ailleurs vivement critiquée par l'avocat des plaignants.


Pas de meneur de groupe


Autre élément appuyé mercredi en plaidoirie: un des avocats réfute qu’on puisse faire porter le chapeau de meneur de groupe à son client. Selon lui, le jeune homme a certes eu l'idée de l'enlèvement et de la cible à viser, mais le projet a été mis en place en groupe. Son confrère confirme cette émulation générée par le groupe dans sa plaidoirie : « ils ont voulu arrêter cette grosse connerie, mais ils ont paniqué et ne sont pas revenus en arrière. »

 

Des peines moins lourdes exigées


Les avocats ont indiqué que cette procédure et la détention provisoire des prévenus leur avait déjà servi d’électrochoc. La défense estime ainsi que le Ministère public a mis la barre trop haut dans son réquisitoire et plaide pour des peines plus légères.

Pour les prévenus qualifiés de plus impliqués par le procureur, leurs avocats demandent respectivement des peines inférieures à quatorze mois avec sursis pour le premier et de dix-huit mois avec sursis pour le deuxième au lieu des vingt-quatre mois avec sursis requis par le Ministère public. L’avocate du troisième prévenu, qui aurait servi de chauffeur dans cette affaire, demande quant à elle une peine de quatorze mois avec sursis pendant deux ans au lieu des vingt mois avec sursis requis par le procureur. Enfin 9 mois avec sursis sont requis pour le quatrième prévenu alors que le Ministère public en demandait dix-huit, également avec sursis.

La partie plaignante s’en remet quant à elle aux juges, en demandant au tribunal de faire preuve de fermeté dans son verdict qui sera rendu jeudi matin. /lre


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