Les propriétaires de forêts en quête de reconnaissance

Un peu plus de 40% des forêts neuchâteloises appartiennent à des privés. Ces propriétaires ...
Les propriétaires de forêts en quête de reconnaissance

Un peu plus de 40% des forêts neuchâteloises appartiennent à des privés. Ces propriétaires peinent à couvrir les frais d'entretien et de gestion de leur parcelle, ouverte à tous, et cherchent du soutien

La forêt située aux abords du lieu-dit Les Charrins, entre St-Sulpice et Les Bayards. La forêt située aux abords du lieu-dit Les Charrins, entre St-Sulpice et Les Bayards.

Près de la moitié des forêts neuchâteloises sont en mains privées. L’ingénieur forestier Olivier Schneider a profité de la conférence de presse du Groupement de propriétaires et gérants de forêts privées (GPGFP), organisée mardi aux Charrins entre St-Sulpice et Les Bayards, pour le rappeler. Environ 2'900 propriétaires privés se partagent en effet 43% des domaines forestiers cantonaux. Les communes possèdent quant à elles 45% des 304 km2 de forêts qui recouvrent le territoire neuchâtelois et le Canton en compte 10% dans son escarcelle, le reste se partageant entre la Confédération et quelques corporations.

Si l’accès aux forêts est garanti à chaque citoyen par la loi en Suisse, la gestion de ce patrimoine n’en a pas moins un coût et ce coût est toujours plus difficile à assumer pour les propriétaires privés, a indiqué le président du groupement Alain Tüller. Le prix de vente du bois reste bas depuis l’ouragan Lothar qui a ravagé les forêts neuchâteloises en 1999 et les frais de gestion sont en hausse. Les propriétaires de forêts privés s’attellent à entretenir leur parcelle pour qu’elle soit agréable pour tous, explique Alain Tüller. Le Canton de Neuchâtel s’est illustré loin à la ronde avec les méthodes avant-gardistes développées par l’inspecteur forestier Henry Biolley, d’abord dans le Val-de-Travers puis dans le reste du Canton, à partir de 1890. Sa vision de la « forêt jardinée » est aujourd’hui inscrite dans la Constitution, rappelle Olivier Schneider et est prise en exemple bien au-delà des frontières nationales. Ses méthodes se voulaient déjà respectueuses de la nature et perdurent très largement aujourd’hui.

Dans l’attente d’un soutien public plus accru

Pour l’heure, les propriétaires de forêts privées peuvent compter sur un soutien public lorsque leurs arbres jouent un rôle de protection contre les dangers naturels, comme les chutes de pierres ou les glissements de terrain. La préservation de la biodiversité peut aussi donner lieu à une aide. En revanche, toute la fonction d’accueil des promeneurs, champignonneurs, chasseurs et sportifs reste uniquement à la charge des propriétaires. Les coûts sont évalués entre 50 et 500 francs par hectare et par an en la matière, pour l’entretien des sentiers par exemple. Olivier Schneider avance ainsi l’exemple du Canton de Fribourg qui octroie une indemnisation aux propriétaires privés pour cette activité d’accueil. L’ingénieur forestier y voit une piste à examiner aussi sur sol neuchâtelois.

Valorisation des épicéas

Le Groupement de propriétaires et gérants de forêts privées, qui fête ses 40 ans cette année, a également profité de cette conférence de presse pour présenter une étude en cours sur la valorisation des épicéas de haute qualité. Une équipe a scruté environ 150 arbres de cette espèce sur 1'300 hectares de forêts à travers l’Arc jurassien pour tenter d’en déterminer la qualité. L’objectif est de permettre aux propriétaires de forêt de mieux connaître la valeur de leurs épicéas et de les vendre à leur juste prix, à l’heure où les prix de vente du bois restent très bas. Les résultats seront connus en juillet. /sbe


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