Fin du homard ébouillanté: « une ânerie »

Il ne sera plus possible d’ébouillanter vivant le homard afin de l’apprêter en cuisine. La ...
Fin du homard ébouillanté: « une ânerie »

Il ne sera plus possible d’ébouillanter vivant le homard afin de l’apprêter en cuisine. La mesure décidée par le Conseil fédéral fait grincer des dents au sein de la gastronomie

Jean-Marc Soldati Le chef étoilé Jean-Marc Soldati ne comprend pas la mesure prise par le Conseil fédéral. (Image: archives)

C’est la soupe à la grimace dans les cuisines gastronomiques du pays. Il ne sera plus possible d’ébouillanter le homard et les autres décapodes vivants afin de les apprêter. Le Conseil fédéral a modifié mercredi des ordonnances vétérinaires en ce sens. Avant de cuire l’animal, il faudra le tuer soit en l’électrocutant, soit en lui écrasant le cerveau. Le chef étoilé Jean-Marc Soldati qui tient un restaurant à Sonceboz ne sait pas comment il va s’adapter et a vivement réagi. « Je ne sais pas si on va devoir mettre les antennes du homard dans les prises électriques pour le tuer, ou utiliser un pistolet pour détruire le cerveau de l’animal », lâche-il sous forme de boutade. « Pour l’instant, je ne connais aucune solution. C’est assez fou de mettre en application une ordonnance alors que les solutions n’existent pas. Les mesures sont décidées par des fonctionnaires bien au chaud dans leur bureau et qui doivent de temps en temps pondre une ânerie », s’indigne-t-il.

 

Un choix « pas toujours facile »

Jusqu’ici, le chef étoilé a toujours ébouillanté ses homards sans que cela ne lui pose de problèmes moraux. « Les animaux meurent de manière instantanée. Je les plonge dans une grande casserole d’eau bouillante et ensuite ils ne bougent plus. Tout animal dont on prend la vie pour se nourrir subit une souffrance. Après, on peut aller plus loin en devenant végétarien. Mais les plantes ont également un système nerveux. Donc, soit on ne mange plus, soit on fait un sacrifice. C’est un choix à faire et il n’est pas toujours facile. Mais j’espère que chez nous, nous l’avons toujours fait de la manière la plus honnête possible ».

Également contacté, le propriétaire du café perroquet vert à Bienne, Patrick Mürner, a lui aussi fait part de son incompréhension face à la décision du Conseil fédéral. Selon lui, il existe un risque élevé de mal tuer l’animal avant de l’ébouillanter. Il envisage de ne plus proposer le homard sur sa carte.

L’interdiction d’ébouillanter les décapodes vivants sera effective dès le 1er mars. /jrg


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