CCT Santé 21 : les employés inquiets pour leurs conditions de travail

Onde de choc après le débat d’hier au Grand Conseil neuchâtelois. Les députés ont décidé de ...
CCT Santé 21 : les employés inquiets pour leurs conditions de travail

L’inquiétude domine au lendemain du vote du Grand Conseil neuchâtelois contre la convention collective Santé 21

Onde de choc après le débat de lundi au Grand Conseil neuchâtelois. Les députés ont décidé de biffer la référence à la convention collective de travail (CCT) Santé 21 dans les lois sur l’Hôpital neuchâtelois (HNe), le Centre neuchâtelois de psychiatrie (CNP) et les soins à domicile (NOMAD). Une décision qui alarme les employés du domaine de la santé.

Infirmiers, assistants sociaux ou encore personnel d’entretien ont peur pour leurs conditions de travail. « C’est diviser pour mieux régner », affirme Fabienne Künzi, assistante sociale à l’HNe. Selon elle, si la convention unique prend fin, les employés des diverses institutions ne pourront plus défendre ensemble leurs droits. Fabienne Künzi constate qu’il n’y a pas assez de personnel dans les hôpitaux : « Les collaborateurs sont épuisés, ils risquent de ne plus tenir si les conditions de travail se péjorent et la qualité de prise en charge du patient va en pâtir ». Elle regrette que des décisions soient prises pour des raisons purement économiques et non pour le bien-être des malades.

 

Une décision injuste

 

De son côté, Marianne Guillaume-Gentil a été « scandalisée » par le vote du Grand Conseil. Cette infirmière et co-présidente de la commission du personnel de l’HNe considère cela comme un démantèlement des conditions de travail. Elle trouve particulièrement injuste et compliqué de devoir prévoir deux CCT, l’une pour le personnel soignant et l’autre pour le personnel non-soignant.

Après le vote du peuple neuchâtelois pour maintenir deux hôpitaux autonomes, cette remise en cause de la CCT Santé 21 ajoute encore une dose d’incertitude. Selon Marianne Guillaume-Gentil, le personnel de l’HNe peine à se projeter dans l’avenir, à définir un plan de carrière. Elle a entendu plusieurs de ces collègues dire qu’ils cherchaient du travail ailleurs, à Yverdon ou à Bienne…

 

La CCT pas encore enterrée

Mais la présidente de la commission faîtière de la CCT Santé 21 tient à rassurer. « La convention n’est pas morte », martèle Christelle Haussener. Une nouvelle mouture est entrée en vigueur cette année et devrait rester valide jusqu’en 2020. De plus, la décision du Grand Conseil va être combattue par référendum, le dernier mot devrait donc revenir au peuple. Christelle Haussener rappelle qu’une convention collective est le fruit d’un accord entre les employeurs et les employés. Ces partenaires sociaux pourront aussi opter pour des CCT communes et maintenir de bonnes conditions de travail.

La présidente de la commission faîtière a assisté aux débats du Grand Conseil et quelque chose l’a frappée : les députés de droite ont mentionné à de multiples reprises une société privée qui n’est pas partenaire de la CCT Santé 21, à savoir le groupe de cliniques privées Genolier, propriétaire de La Providence à Neuchâtel et de Montbrillant à La Chaux-de-Fonds. Christelle Haussener pense que l’entreprise a fait un travail de lobby auprès des députés.

Le 18 décembre 2012, dans le 19h30 de la RTS, l’administrateur délégué du groupe Genolier Antoine Hubert avait en tout cas déclaré : « Il faut unifier le marché de la santé en Suisse pour qu’il puisse être efficace, afin de pouvoir peser face aux assureurs mais aussi pouvoir avoir une certaine influence face au législateur pour pousser la règlementation dans la bonne direction. » / mvr


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