Bienne: une ligne verte pour prévenir la radicalisation

L'administration biennoise va ouvrir une ligne verte après les vacances d'été. Les personnes ...
Bienne: une ligne verte pour prévenir la radicalisation

L'administration biennoise va ouvrir une ligne verte après les vacances d'été. Les personnes concernées par le phénomène de la radicalisation pourront solliciter des conseils ou fournir des informations par téléphone ou par email

 L'administration biennoise va ouvrir une permanence téléphonique et par email pour conseiller et rediriger toute personne concernée par le phénomène de la radicalisation et de la violence.

La Ville de Bienne passe à l’action pour prévenir la radicalisation et la violence islamistes. Les autorités municipales prévoient dès la fin des vacances d’été la mise en place d’une permanence téléphonique. Elle doit permettre aux personnes concernées par le phénomène de fournir des informations et de solliciter des conseils au sujet d’éventuelles démarches à entreprendre. Des collaborateurs au sein de l’administration ont été formés dans ce but. Dans l'émission Place publique, le chef de la sécurité publique pour la Ville de Bienne, André Glauser, nous a confié que la volonté est d’offrir un premier point de contact pour encourager tout un chacun à oser demander de l’aide le plus tôt possible, « sans craindre que des informations passent tout de suite à la police, ou sans que la démarche prenne une envergure démesurée ».

 

Un groupe de travail opérationnel

Cette permanence téléphonique concrétise une réflexion engagée depuis février 2016 par l’administration biennoise. Un groupe de travail spécial a été mis en place pour faciliter la collaboration de tous les services concernés par le phénomène de la radicalisation. Des rencontres se tiennent régulièrement pour élaborer des mesures concrètes à mettre en place mais aussi depuis cette année pour discuter de cas concrets, qui peuvent surgir par exemple dans une école. Cela a été le cas à deux reprises sans pour autant que les soupçons soient avérés.

La Ville de Bienne compte aussi renforcer la formation de ses collaborateurs concernés par la problématique de la radicalisation avec des cours, des aide-mémoire et des listes de contrôle.

 

La communauté musulmane se mobilise aussi

À Bienne, il n’y a pas que l’administration qui déploie des efforts pour prévenir l’endoctrinement et les dérives fondamentalistes. Des membres de la communauté musulmane ont lancé l’automne dernier le projet Tasamuh. Une initiative de la juriste marocaine établie dans la ville bernoise, Naïma Serroukh. Elle peut compter désormais sur une équipe de 13 médiateurs, parmi lesquels des assistants sociaux, des psychologues ou encore des animateurs socio-culturels. Leur rôle est de sensibiliser les jeunes dans les écoles, les centres de jeunesse ainsi que dans la rue.

Pour Naïma Serroukh, la démarche consiste surtout à intervenir avant la radicalisation. Les promoteurs de Tasamouh ont aussi pris contact avec la quinzaine de centres de prières répertoriés à Bienne même si certaines mosquées ont pris les devants. À noter que Tasamouh met également à disposition de la population une ligne téléphonique et un email pour toute demande de conseil ou pour signaler un cas.

 

Bienne, sur la carte du djihadisme en Suisse

À l’instar d’autres villes de Suisse, Bienne est régulièrement citée comme point de fixation pour des candidats au djihad. L’expert en terrorisme Jean-Paul Rouiller a évoqué récemment dans la presse un phénomène observable sur l’axe Genève - Lausanne mais aussi sur l’axe Bienne - Zurich. La cité seelandaise apparaît encore sur la carte des djihadistes partis de Suisse pour rejoindre l’Etat islamique, publiée par nos confrères du Tages Anzeiger la semaine dernière : il apparaît que quatre djihadistes auraient résidé à Bienne. Un chiffre non confirmé par le service de renseignement de la Confédération. /gwe


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