Le référendum en Turquie vu par un sociologue turc de l’Université de Neuchâtel

Si le renforcement des pouvoirs présidentiels a passé la rampe dimanche en Turquie, il n’a ...
Le référendum en Turquie vu par un sociologue turc de l’Université de Neuchâtel

Ibrahim Soysüren s’attendait à une victoire plus massive du président Recep Tayyip Erdogan lors de ce scrutin ; la preuve que l’opposition a trouvé des moyens de se faire entendre malgré tout, selon lui

Turquie, Recep Tayyip Erdogan, Référendum Le président turc Recep Tayyip Erdogan. (Photo: US Department of State - Wikimedia commons)

Si le renforcement des pouvoirs présidentiels a passé la rampe dimanche en Turquie, il n’a pas séduit les citoyens turcs qui ont voté en Suisse et qui ont refusé le référendum par 62% des voix, au contraire des Turcs qui ont accepté le texte en Allemagne par exemple.  

Ce référendum octroie de nouveaux pouvoirs au président turc Recep Tayyip Erdogan. La fonction de premier ministre disparaît, ce qui laisse au président le choix des ministres et des vice-présidents. Le chef de l’Etat n’est plus contraint à l’impartialité et peut renouer les liens avec son parti. Il a aussi le pouvoir de dissoudre le parlement.

Ibrahim Soysüren est originaire de Turquie. Il est installé à Genève et travaille comme sociologue à l’Université de Neuchâtel. Lui qui prônait le « non » au référendum imaginait que le texte passerait plus largement la rampe. À ses yeux, l’opposition a su faire preuve d’inventivité pour se faire entendre, par le biais des réseaux sociaux notamment, malgré la pression du gouvernement. Ibrahim Soysüren explique par ailleurs la différence de vote entre les Turcs en Suisse et en Allemagne par une logique différente de migration. Son analyse :

Le résultat du scrutin est remis en cause par plusieurs entités, même si les chiffres définitifs ne seront pas connus avant une dizaine de jours. Le principal parti d'opposition en Turquie va demander l'invalidation du référendum. Il évoque des pressions sur les électeurs.

Des observateurs européens font de leur côté état de possible manipulation de 2,5 millions de bulletins de vote, l’autorité électorale ayant autorisé les enveloppes sans tampon officiel, soit une pratique contraire à la loi. /sbe


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