Meurtre de Boudry devant la Cour pénale

Meurtre ou crime passionnel ? Le septuagénaire qui a abattu sa femme qui se trouvait chez son ...
Meurtre de Boudry devant la Cour pénale

L’homme qui a abattu sa femme en septembre 2015 à Boudry une nouvelle fois devant les juges. Il a fait appel de sa condamnation à 10 ans de prison. Il comparaît devant la Cour pénale de Neuchâtel

Meurtre ou crime passionnel ? Le septuagénaire qui a abattu sa femme qui se trouvait chez son amant d’une balle dans la poitrine en septembre 2015 à Boudry comparaît devant la Cour pénale de Neuchâtel. Il avait été condamné par le Tribunal criminel à Neuchâtel à dix ans de prison, la cour n’ayant pas retenu le crime passionnel. La défense avait requis 4 ans. Elle a fait appel.

 

Drame passionnel pour la défense

Comme en première instance, le prévenu a répété qu’il ne se souvenait plus de ce qui s’était passé ce fameux 18 septembre, lorsqu’il s’est rendu chez l’amant, alerté par la balise GPS qu’il avait posée sous la voiture de son épouse. Il ne se rappelle que de l’avoir vue tomber et précise qu’elle respirait encore. Son avocat plaide une nouvelle fois pour le crime passionnel. Pour que cette prévention soit retenue à la place du meurtre, le meurtrier doit être en profond désarroi et subitement submergé par une émotion violente et immédiate. L’avocat estime que son client a bien été submergé par une émotion subite lorsque sa femme a refusé de rentrer avec lui, lui disant : « j’ai le droit de boire un verre ». Cette phrase, qui peut paraître anodine, lui a fait péter un plomb.

 

Meurtre pour le Ministère public

Pour le Ministère public, au contraire, le meurtre passionnel ne peut pas être retenu. Le prévenu avait de forts soupçons que sa femme était chez son amant. Il n’a donc pas été subitement submergé par une émotion violente. De plus, il ne les a pas retrouvé au lit, mais buvant un verre. Par ailleurs, avant de se rendre sur les lieux, le prévenu a pris le temps de préparer son arme à la maison et l’a chargée de plusieurs cartouches. Le comportement de sa femme qui ne cessait de le dénigrer a certes provoqué chez lui un certain désarroi, mais la jalousie n’est pas un motif excusable aux yeux de la loi. De plus, la peine de 10 ans de prison requise en 1re instance tient compte de ce désarroi. Le Ministère public maintient également les menaces proférées contre l’amant.

La partie plaignante, qui représente un des fils du couple, rejette aussi le crime passionnel et, de ce fait, l’appel. Elle demande à ce que la peine de 10 ans de prison soit maintenue.

En fin d’audience, le prévenu a fait par de ses regrets, en pleurs : « mon épouse me manque, ce drame me hante, je sais que mes fils en souffrent. »

Le verdict sera rendu ce jeudi à 15h30. /sma


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