Avenir de la formation des médecins après le 12 février

La votation du 12 février sur l’avenir hospitalier du canton de Neuchâtel va-t-elle avoir une ...
Avenir de la formation des médecins après le 12 février

Quel impact de la votation du 12 février sur la formation des médecins ? Point de la situation à deux semaines du scrutin

La votation du 12 février sur l’avenir hospitalier du canton de Neuchâtel va-t-elle avoir une incidence sur la formation des médecins ? Pour les défenseurs du contre-projet du Conseil d’Etat, si l’initiative passe, les deux hôpitaux ne présenteront plus la masse critique suffisante pour assurer la formation des médecins. Une analyse que réfutent les partisans de la version à deux hôpitaux indépendants et autonomes.

 

Un point de vue commun

Les deux clans se rejoignent sur un point : c’est avant tout la qualité de la formation, et donc des chefs de service et des chefs de cliniques ou des personnes qui encadrent l’assistant, qui va attirer les candidats. L’un des principaux enjeux sera donc d’attirer des médecins chefs compétents après la votation du 12 février, quel que soit le résultat. Un avis que partage le Professeur Pierre-André Michaud, qui a participé aux réflexions sur la relève médicale dans le cadre d’un mandat de la Conférence latine des affaires sanitaires et sociales de Suisse romande. Aujourd’hui, les médecins en formation souhaitent être bien encadrés, un encadrement qu’un hôpital d’une certaine importance est plus à même d’offrir, tout comme des conditions-cadres attractives, soit le salaire, le respect de la loi sur le travail ou encore la possibilité de prendre congé pour suivre des cours. Ce qui est moins aisé dans une petite structure.

 

Impact de la votation

Pour Alexandre Schweizer, Médecin chef de département à l’Hôpital neuchâtelois, si le peuple se prononce pour l’initiative le 12 février, la formation en prendrait un sacré coup. Actuellement, sur les 280 médecins qui travaillent à l’HNe, les deux-tiers sont en formation. Répartir l’activité sur deux sites reviendrait à diminuer le nombre de patients par hôpital, d’où la masse critique. Ce qui ne permettrait plus aux deux structures d’obtenir l’autorisation de former dans certaines disciplines. Ou alors la formation des médecins serait rallongée, puisqu’elle est validée au nombre d’actes réalisés.

Une vision que ne partage pas le Professeur Daniel Genné, ancien cadre à l’HNe et Médecin chef de médecine interne au Centre hospitalier de Bienne. Il estime qu’avec un bassin de 170'000 habitants, il y a bien assez de patients à soigner sans rallonger la formation. Pour lui, c’est avant tout les cadres qualifiés et reconnus qui attirent du personnel, pas la localisation des sites, ni leur taille ou le type de services. Et de citer en exemple les hôpitaux de Moutier et de St-Imier. Pour le Docteur Schweizer, ces deux structures forment certes des médecins mais pas autant que l’HNe et pas dans des domaines aussi variés.

Pour le Professeur Michaud, une plus grande structure avec un staff de plusieurs médecins cadres est probablement plus à même de former les médecins ainés souhaitant approfondir leurs connaissances dans certains domaines. Mais aucune étude ne prouve qu’il est plus difficile de recruter dans des petites structures. Certains jeunes assistants préfèrent aller dans des petits hôpitaux parce qu’ils sont en contact avec une médecine plus variée. En revanche, ils ne seront pas confrontés à autant de pathologies que dans les plus grandes structures.

 

Le CTR

Les deux médecins Alexandre Schweizer et Daniel Genné dont le point de vue est opposé dans ce dossier s’accordent en revanche pour dire que le futur Centre de traitements et de réadaptation, s’il voit le jour, est une structure importante. Mais pour le Professeur Genné, il y a quand même un problème : les médecins assistants ne sont pas attirés par la médecine qui y sera proposée. Recruter des gériatres va se révéler particulièrement difficile. Le docteur Schweizer se dit surpris par cette vision des choses. Le CTR, ou hôpital des Montagnes, sera particulièrement adapté pour les médecins généralistes.

Le peuple neuchâtelois se prononce sur ces deux visions le 12 février. /sma


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