Le NUC en veut à Swiss Volley

Le championnat de volleyball n’a pas encore repris qu’il suscite déjà la polémique. C’est une ...
Le NUC en veut à Swiss Volley

NUC, Mandy Wigger Mandy Wigger et ses coéquipières sont à quelques heures du coup d'envoi de la saison.

Le championnat de volleyball n’a pas encore repris qu’il suscite déjà la polémique. C’est une décision tombée mercredi qui est en cause : désormais une équipe de LNA n’a plus l’obligation d’inscrire trois joueuses formées localement sur la feuille de match. Le club neuchâtelois du NUC, qui entame sa saison dimanche à 17h30 à La Riveraine contre Aesch-Pfeffingen, est fâché tant par la nature de la décision que par la façon de faire.

 

Une décision nuisible au volleyball suisse?

La présidente du NUC Jo Gutknecht défend le point de vue des clubs formateurs : si la tendance se poursuit, la seule perspective pour une joueuse de l’équipe nationale, ce sera la LNB, selon elle, parce que l'élite sera devenue inaccessible.

Pour résumer la situation, il y avait jusqu’ici un accord entre les clubs pour limiter modérément l’impact des joueurs étrangers dans le championnat suisse. Cela ne plaisait plus aux clubs riches. Quatre d’entre eux - dont Volero Zurich - sont allés devant la justice civile pour faire prévaloir le droit à la libre circulation des personnes. Il y a eu des précédents dans le football notamment: la fédération suisse de volleyball s’est donc sentie le dos au mur, et plutôt que de commencer le nouveau championnat sous l’ancien régime et de prendre le risque de voir par la suite la justice annuler les résultats des premiers matches, Swiss Volley a cédé à la pression.

 

Il y aura toujours une Suissesse sur le terrain

On peut reprocher à la fédération, dans un premier temps, un certain manque de clarté ressenti jusque chez les dirigeants de clubs: est-ce la fin des Suissesses en LNA? Non, nous a répondu vendredi le directeur de Swiss Volley Werner Augsburger: le règlement exige toujours la présence d'une joueuse suisse sur le terrain. En revanche, l'obligation d’inscrire trois Suissesses sur la feuille de match n'existe plus. Dans les faits, la nouvelle donne ne change presque rien, parce qu’un club ne prendra pas le risque de n'intégrer qu'une seule joueuse du cru, forcément susceptible de se blesser en cours de match, dans l'équipe.

Le fond du problème, selon Jo Gutknecht, c’est qu’au lieu d’exiger par exemple la présence d’une deuxième Suissesse sur le terrain pour faire progresser le volleyball suisse, on va dans l’autre sens. Et même si Swiss Volley estime ne pas avoir le choix en l’occurrence, c’est une décision qui va clairement à l’encontre de sa volonté affichée de développer ce sport en Suisse.

 

Plusieurs points d'interrogation pour le NUC

Sur le plan sportif, les médaillées de bronze du dernier championnat de Suisse font face à beaucoup d'inconnues, ce qui fait modestement dire à la présidente du NUC que la qualification pour les play-off n’est pas acquise. Il faudra être dans les six meilleures formations fin janvier.

Le NUC en a largement les moyens. Mais l’équipe de Luiz Souza a beaucoup changé, elle s’est rajeunie: départs de Tabea Daillard et de la prometteuse Audrey Fragnières aux Etats-Unis, blessure pour toute la saison de Carole Trösch, Martina Alter qui n’est pas au niveau physique attendu par les dirigeants, ce qui les a obligés à recruter une quatrième joueuse étrangère...

Ajoutez à cela que toutes les mercenaires sont nouvelles, que la mayonnaise n’a pas encore pris lors des matches amicaux et que l'aventure européenne va charger la barque et vous aurez compris que la mission du NUC sera délicate. Mais la capitaine Mandy Wigger nourrit un sentiment prometteur. Selon elle, l’ambiance, l’envie et l’esprit de corps sont excellents au sein de l'équipe. /vco


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