Le Swiss Women’s Trail se déroule ce samedi au départ et à l’arrivée du Centre sportif de Couvet. Deux distances sont proposées : 19 et 38 km. C’est la première épreuve 100% féminine organisée dans le pays. Un moyen de promouvoir le sport au féminin, mais qui laisse l’ancienne coureuse neuchâteloise Laurence Yerly « partagée ».
C’est une première en Suisse ! Ce samedi matin, quelques 500 femmes ont pris le départ du Swiss Women’s Trail à Couvet. C’est le premier trail 100% féminin qui voit le jour dans le pays. Deux distances étaient proposées : le 19 et le 38 km.
Sur le plus long tracé, c'est la Canadienne Marianne Hagon qui s'est imposée en 3h18'03'' devant l'Espagnole Beatriz Roman Soriano (+6'11'') et la Suissesse Caroline Müller (+37'04''). Et sur la course plus courte, triplé helvétique avec la victoire de Carolyn Schaltegger en 1h55'38, devant Sina Sprecher et Selin Scherrer.
Booster la participation féminine aux longues distances
Le concept est venu d’un constat des organisateurs du Swiss Canyon Trail et de la présidente de l’épreuve féminine Cornelia Forte. « La participation féminine, dès que les distances augmentent, est très petite », explique-t-elle. Différentes raisons ont été identifiées : le manque de temps pour s’entraîner, mais aussi la peur « de ne pas y arriver, le manque de confiance ».
Cornelia Forte : « Offrir aux femmes un environnement de bienveillance. »
Une course exclusivement pour les femmes, n’est-ce pas prendre un risque d’exclure les hommes et de voir des courses uniquement masculines voir le jour ? En aucun cas, rétorque Cornelia Forte. « Le trail est une discipline où il y a déjà plein de courses hommes et femmes », explique la présidente du Swiss Women’s Trail.
« Ce n’est pas du tout l’idée d’exclure les hommes. »
L’avis « partagé » de Laurence Yerly
La question se pose de savoir si les femmes ressentent un vrai besoin de pouvoir courir qu’entre elles. Laurence Yerly a pris de nombreux départs sur courte, moyenne et longue distance au cours de sa vie. La coureuse neuchâteloise est plutôt partagée lorsqu’on lui demande son avis sur ce trail 100% féminin. « D’un côté, je trouve que c’est bien de mettre en avant le sport féminin », relève-t-elle. Au contraire, Laurence Yerly trouve dommage de ne pas pouvoir partager sa course aussi avec des hommes.
Laurence Yerly : « Je trouve plutôt la démarche sympa de pouvoir partager ça avec tout le monde. »
Sur les nombreuses courses que Laurence Yerly a disputées, elle estime n’avoir jamais ressenti une quelconque pression sur la ligne de départ à l’idée d’être entourée d’hommes ou de s’élancer sur des longues distances.
« Sur ces distances, ça fait parfois du bien de partager avec quelqu’un. »
Si le Swiss Women’s Trail du Val-de-Travers est la première épreuve 100% féminine dans le milieu helvétique, d’autres courses proposent des alternatives pour permettre aux femmes d’être moins entourées d’hommes pour courir. Notamment sur Sierre-Zinal ou la course de Chiètres (Kerzerslauf), qui proposent des départs décalés entre les femmes et les hommes. Une solution qui plaît davantage à Laurence Yerly. « On se bat un peu entre nous au début, et après les hommes nous rejoignent », raconte-t-elle.
« Je préfère ce scénario-là. »
Malgré ses quelques réserves, Laurence Yerly estime qu’elle aurait très certainement participé au Swiss Women’s Trail, s’il avait été organisé quand elle était encore au départ de ce type de courses. /lgn









