Journée du patrimoine horloger : entrer dans le monde des peaux

Les villes de La Chaux-de-Fonds et du Locle renferment un savoir-faire unique : celui de l’horlogerie ...
Journée du patrimoine horloger : entrer dans le monde des peaux

Horlogerie Certains bracelets sont cousus à la main.

Les villes de La Chaux-de-Fonds et du Locle renferment un savoir-faire unique : celui de l’horlogerie.

Conservé (parfois) jalousement, il fait la réputation des Montagnes bien au-delà de ces dernières. Il est d’ailleurs classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO.

Pour la sixième fois, certains partenaires du monde horloger ont malgré tout accepté d’ouvrir leurs portes ce samedi à l’occasion de la Journée du patrimoine horloger. De la manufacture de montres au musée, en passant par la bibliothèque ou la fabrique de bracelets, le savoir-faire qui façonne la région depuis plusieurs siècles a été présenté non sans fierté aux 3'600 visiteurs qui ont fait le déplacement, parfois depuis l'étranger.


Le sas des peaux prestigieuses

Le groupe Brasport emploie 600 personnes sur quatre sites internationaux dont La Chaux-de-Fonds, où il a son siège. Son directeur, Alain Dubois, a choisi d’ouvrir les portes de son entreprise pour présenter les différents métiers de l’horlogerie qui existent dans l’Arc jurassien. « Nous évoluons dans un milieu souvent très fermé et très protégé et cette journée est l’occasion de pouvoir présenter les facettes de notre quotidien », explique-t-il entre deux visites.  

A l’atelier de production, une petite dizaine de blouses blanches attendent, dans un silence impressionnant, le groupe de visiteurs qui viendra lorgner par-dessus leurs épaules dans quelques secondes.

Parmi ces femmes, Martine, couturière, quinze ans de métier derrière elle. Rapide comme l’éclair, il lui faut  seulement vingt minutes par bracelet de montre pour une couture faite à la main.

En-dessous, Eric est en quelque sorte le Garde des Sceaux ou plutôt des Peaux : il gère le stock des peaux de luxe. Alligators, pythons, autruche… il nous emmène dans le sas des reptiles après avoir ouvert la porte avec son empreinte digitale. « Il y en a pour plus de deux millions de francs, ici », s’amuse-t-il. « J’achète les peaux en tannerie, je les découpe… j’ai beaucoup de fonctions ici », dit-il non sans fierté.


Le stampato plaît aussi, mais...

Son alter ego mammifère dirons-nous, est à quelques mètres : Fabrice gère les peaux bovines. Elles sont imprimées façon crocodile. « Je suis le rival du stock des reptiles », rigole-t-il. « Mes peaux sont imitées, donc quatre fois moins chères en moyenne, destinées à d’autres clients. Pour bien faire la différence entre du vrai et de l’imprimé, il faut regarder la profondeur des écailles et la souplesse de la peau. L’alligator véritable est rigide et ses écailles sont bien creusées ».

Ces explications semblent fasciner cette Valaisanne, native du Locle. « Je trouve important de raconter la diversité de l’horlogerie. Tout ne tourne pas autour de la montre et de son boîtier. Aujourd’hui, je suis fière de voir ce que je vois. » /abo


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