La réforme des assurances fédérales pèse sur l’aide sociale

De plus en plus de personnes dépendent de l’aide matérielle en Suisse et cette tendance s’observe ...
La réforme des assurances fédérales pèse sur l’aide sociale

 Total des arrivées en fin de droit de l'assurance-chômage. Tableau qui figure dans le rapport de 2013 du SECO sur la 4e révision partielle de la LACI.

De plus en plus de personnes dépendent de l’aide matérielle en Suisse et cette tendance s’observe dans la majorité des cantons. Les réformes de l’assurance-chômage et de l’assurance-invalidité ont conduit à un important report de charges vers l’aide sociale, donc vers les cantons et les communes, constate le conseiller d’Etat neuchâtelois en charge de l’économie et de l’action sociale, Jean-Nat Karakash.

Près de quatre ans après son entrée en vigueur, les conséquences de la 4e révision de la Loi sur l’assurance-chômage (LACI) sont toujours difficiles à cerner. Avant la votation populaire, de nombreuses personnes craignaient qu’un pourcentage important de chômeurs ne se retrouve prématurément et durablement à l’aide sociale. Le Secrétariat d’Etat à l’économie a constaté en observant les chiffres un an après l’entrée en vigueur de la révision que le nombre d’arrivées en fin de droit de chômage et le nombre d’ouverture de nouveaux dossiers à l’aide sociale avaient été moins élevés que prévu, notamment en raison d’une bonne conjoncture.


Un report durable

Mais la 4e réforme de la LACI participe clairement à l’augmentation des charges de l’aide sociale selon Jean-Nat Karakash. Le nombre de nouveaux dossiers d’aide matérielle et le coût de la prise en charge ont franchi un palier supplémentaire depuis avril 2011, avec parfois un décalage temporaire puisque les chômeurs en fin de droit ne font souvent pas immédiatement appel à l’aide sociale. Les conditions d’accès aux assurances fédérales se sont durcies, envoyant davantage de personnes dans le dernier filet et reportant ainsi des charges sur les cantons et les communes, estime le conseiller d’Etat.

Après la 4e révision de la LACI, Neuchâtel a étonnement vu s’ouvrir moins de nouveaux dossiers d’aide sociale que d’autres cantons. D’après Jean-Nat Karakash, cela s’explique par le phénomène des travailleurs pauvres qui est assez marqué dans la région. Avant avril 2011, de nombreuses personnes en emploi avaient déjà un dossier à l’aide sociale pour obtenir un complément de revenu. Quand ces travailleurs se sont retrouvés au chômage puis à l’aide sociale, le dossier était déjà ouvert. En revanche, les coûts de prise en charge ont fortement augmenté.


Améliorer l’intégration professionnelle

Pour freiner la hausse constante du nombre de personnes à l’aide sociale, le Conseil d’Etat neuchâtelois est en train d’élaborer une nouvelle stratégie. L’idée est de décloisonner les différentes assurances dont dépendent les demandeurs d’emploi. Un chômeur, un requérant d’asile ou un bénéficiaire de l’aide sociale devraient pouvoir recevoir un appui de la part du Service de l’emploi dans leur recherche d’un travail.

Du côté des demandeurs d’emploi, on regrette notamment qu'avec la 4e révision de la LACI les mesures d’intégration professionnelles ne permettent plus de rallonger le droit à l’assurance chômage. D’après leurs utilisateurs, ces mesures ont toutefois perdu un peu de leur sens. Souvent, elles ne permettent ni de trouver un emploi ni de faire disparaître les incertitudes quant à l’avenir. /mvr


 

Actualités suivantes

Articles les plus lus