La Chaux-de-Fonds, théâtre d’affrontements politiques en 1934

Il y a un peu plus de 80 ans, le 18 septembre 1934, l’Ordre national neuchâtelois, une organisation ...
La Chaux-de-Fonds, théâtre d’affrontements politiques en 1934

Raymond Spira Raymond Spira a écrit un livre sur ces événements peu connus de l'histoire neuchâteloise.

Il y a un peu plus de 80 ans, le 18 septembre 1934, l’Ordre national neuchâtelois, une organisation d’extrême droite, a mis sur pied une conférence à La Chaux-de-Fonds, mais ses orateurs ne sont jamais parvenus à placer un mot face à la contestation menée par un groupe antifasciste.

Ces événements font aujourd’hui l’objet d’un livre : Ce soir à 20 heures les fascistes… Les événements du 18 septembre 1934 à La Chaux-de-Fonds, publié aux éditions Alphil. Cet ouvrage a été rédigé par l’ancien juge fédéral et député socialiste chaux-de-fonnier Raymond Spira. L’auteur s’appuie sur des documents d’archives (tracts, coupures de presse, rapports de police, etc.) pour retracer cet épisode.

 

Antisémitisme à peine voilé

L’Ordre national neuchâtelois, mené par Eddy Bauer, professeur d’histoire à l’Université de Neuchâtel, et Marc Wolfrath, éditeur de la Feuille d’avis de Neuchâtel, tente ce 18 septembre d’appeler la population chaux-de-fonnière à lutter contre les grands magasins, attaque antisémite à peine masquée puisque ce type de commerces était souvent en mains juives. 

L’arrivée de ce groupement ouvertement antidémocratique, prônant la restauration d’un régime autoritaire, déplaît fortement à la population chaux-de-fonnière ouvrière, durement frappée par le chômage. Au théâtre de la ville, où se tient la conférence, le public se voit refuser la possibilité d’ouvrir le débat, de contredire les orateurs. Le ton monte, jusqu’à ce que le directeur du théâtre fasse évacuer la salle. Les affrontements se poursuivront ensuite au Buffet de la gare, où les sympathisants de l’ONN se sont retranchés. Des bagarres éclatent.

 

Des répercussions politiques et judiciaires

Cette affaire fera l’objet de nombreux articles dans la presse d’opinion de l’époque. La presse de droite n’hésite pas à qualifier la population chaux-de-fonnière de « tourbe », de « meute » ou de  « populace » ; des termes qui attisent encore l’animosité.

Ces événements seront aussi portés sur le plan politique. Le Conseil général évoque l’épisode dans sa séance du 12 octobre 1934.

Les fauteurs de troubles passeront également devant la justice. Le Tribunal de police de La Chaux-de-Fonds finira par prononcer des peines légères, après avoir entendu des dizaines de témoins.

Pour Raymond Spira, cet ouvrage permet de mettre en lumière un épisode peu connu de l’histoire neuchâteloise et de montrer que les vives tensions présentes dans les pays voisins à l’aube de la Seconde guerre mondiale se sont aussi fait ressentir dans les Montagnes neuchâteloises. /sbe


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