Feu vert aux transformations de l'Hôpital neuchâtelois

L’Hôpital neuchâtelois a rendu une copie très attendue : celle de la mise en œuvre des options ...
Feu vert aux transformations de l'Hôpital neuchâtelois

Pourtalès L'Hôpital Pourtalès.

L’Hôpital neuchâtelois a rendu une copie très attendue : celle de la mise en œuvre des options stratégiques votées en novembre de l’année dernière par la population neuchâteloise. Le Conseil d’Etat soutient largement ces propositions qui vont influencer le système de santé pour les 5 à 15 ans à venir.

L’exécutif cantonal donne ainsi son feu vert à une période tant reportée de transformations au sein de l’Hôpital neuchâtelois, qui seront en principe toutes en place en 2017.

 

La volonté populaire respectée, vraiment?

Mais voilà, les plans d’Hôpital neuchâtelois font quelques entorses à la volonté politique et populaire... D’abord concernant la chirurgie stationnaire : la chirurgie thoracique, vasculaire et en tous cas provisoirement rectale resteront à Pourtalès. Le groupe de travail de l'HNE avance que ces filières existent sur le site de Neuchâtel et qu’il serait contreproductif et coûteux de les démanteler.

D'autre part, la volonté de rationaliser les urgences chirurgicales la nuit et les week-ends passerait par une centralisation sur le site de Pourtalès. Les doublons actuels coûtent cher et sont peu attractifs pour les médecins. Le choix de Pourtalès se justifie dans ce cas-là par l’existence de la chirurgie obstétrique sur le site du Littoral, qui constitue le cœur des activités d’urgence chirurgicale, selon l'HNE.

Le Conseil d’Etat neuchâtelois se veut rassurant sur cette question. Il argumente qu’une équipe mobile de chirurgie sera active la nuit et les week-ends sur les deux sites. Pour l’exécutif cantonal, le centre de chirurgie stationnaire de La Chaux-de-Fonds est solide et traitera plus de 90% des cas. Il estime en outre que les propositions de l’HNE en la matière sont légales.

 

L'appel du Conseil communal chaux-de-fonnier

Ces arguments ne convainquent pas le Conseil communal de La Chaux-de-Fonds. Dans un communiqué, l’exécutif chaux-de-fonnier « exige une réelle mise en œuvre des options votées par le peuple ». Il lance un appel au Grand Conseil et à la mobilisation populaire dans les Montagnes.

Autre décision sujette à caution, la volonté affichée par l’institution médicale de fermer le centre de diagnostic et de traitement du Val-de-Travers la nuit: elle va clairement à l’encontre de la volonté populaire. En l’occurrence, le Conseil d’Etat l’admet. Il a donc demandé à l’Hôpital neuchâtelois des informations complémentaires avant de prendre une décision.

Quant au volet financier de la réorganisation, il laisse des zones d’ombre. Il y a cependant un acquis important : le nombre de salle d’opérations disponibles est suffisant pour le bassin de population. Les investissements sont réalisés. Si on compte 11 salles d’opérations disponibles, dans la pratique 9 fonctionnent régulièrement, déclare en substance Laurent Christe, le directeur de l’Hôpital neuchâtelois. « Il y a un potentiel de rationalisation des infrastructures existantes », ajoute-t-il.

 

Vers un centre de traitement et de réadaptation unique?

Les bouleversements ne s'arrêtent pas là. Le Conseil d’Etat et l’Hôpital neuchâtelois remettent en question l’organisation sur quatre sites des centres de traitement et de réadaptation (125 lits répartis entre Le Locle, Val-de-Ruz, Val-de-Travers et La Béroche). Compte tenu de l’entrée en vigueur d’une nouvelle tarification fédérale en 2018, le groupe de travail saisi de la question préconise une spécialisation rapide des centres. Elle passe selon lui par un regroupement sur deux sites, celui du Val-de-Ruz ainsi que celui du Locle ou du Val-de-Travers, voire à terme par la création d’un site unique de réadaptation qui verrait le jour de préférence au Val-de-Ruz.

De manière générale, le ministre en charge de la santé Laurent Kurth se veut consensuel et rassurant. Les orientations prises pour les prochaines années ne préfigurent en rien, selon lui, le modèle à long terme du système de santé neuchâtelois. Des études seront menées et devraient aboutir d’ici deux à trois ans. /vco


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