Affaire Hainard : le procureur ne sera pas là !

L’affaire Hainard n’en finit pas de faire parler d’elle, à quelques heures de l'ouverture du ...
Affaire Hainard : le procureur ne sera pas là !

Code pénal, tribunal Personne ne sera là pour appuyer l'accusation.

L’affaire Hainard n’en finit pas de faire parler d’elle, à quelques heures de l'ouverture du procès de l’ancien conseiller d’Etat neuchâtelois. Frédéric Hainard et son ancienne compagne comparaissent ce lundi pour abus d’autorité, contraintes et éventuellement usurpation de fonction dans l'affaire dite Olivia, du nom de cette ancienne bénéficiaire de l'aide sociale. Or, nous avons appris que le procureur ne se présentera pas à l’audience !

Renaud Weber a envoyé un fax au Ministère public vendredi peu avant 17 heures. Il indique être malade et ne pas pouvoir se présenter devant le Tribunal du Littoral et du Val-de-Travers de Neuchâtel pour requérir.

L’affaire étant trop volumineuse, le procureur estime ne pas pouvoir se faire remplacer. Mais paradoxalement, il ne demande pas le renvoi de l’affaire, sa présence n’étant pas indispensable dans les audiences jugées devant les tribunaux de police.

Le procureur général Pierre Aubert nous confirme l’absence de Renaud Weber : « Je vous confirme que son état de santé l’empêche d’assister à une audience d’une journée. Il a envoyé son réquisitoire par écrit, comme le Code le prévoit ».

Reste que cette annonce fait l’effet d’une bombe dans les milieux judiciaires. Un avocat (qui n’est pas concerné par le dossier) se dit estomaqué qu’un procureur réussisse à se faire porter pâle pour une affaire aussi importante que celle-là. Un autre nous confie que l’image de la politique neuchâteloise était déjà ternie, maintenant celle de la justice ne vaut pas mieux. /abo

 

Commentaire

S’il y a une affaire à ne pas rater, c’est bien celle-là. On pourrait encore comprendre l’absence d’un procureur si ce dernier se découvrait une maladie foudroyante. Il semble que ça ne soit pas le cas.

A quelques heures de l’ouverture du procès qui a tout de même mené à la destitution d’un conseiller d’Etat, ne pas se présenter à l’audience, c’est démontrer l’importance qu’on accorde à la justice dans son entier.

Bien sûr, un procureur n’a pas l’obligation d’être présent aux audiences d’un tribunal de police. Mais il en a l’obligeance. L’accusation se retrouve désormais seule pour soutenir le poids de ce dossier.

Compte tenu du contexte de cette affaire et des conséquences qu’elle a eues, on est en mesure d’exiger un minimum de bon sens. Bon sens qui aurait conduit le procureur à venir travailler malgré ses maux, à demander à se faire remplacer ou à renvoyer l’audience.

La politique neuchâteloise peut se réjouir : elle n’est plus la seule à être raillée hors frontières. La Justice la rejoint désormais au royaume de Guignol. /Anabelle Bourquin


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