Avoir des médecins qui parlent le français

La prise en charge actuelle des patients neuchâtelois n’est pas satisfaisante lors de situations ...
Avoir des médecins qui parlent le français

Les travaux visent à améliorer l'entrée des urgences sur le site de Pourtalès à Neuchâtel. Les médecins des urgences sont les premiers visés.

La prise en charge actuelle des patients neuchâtelois n’est pas satisfaisante lors de situations d’urgence. Selon le médecin généraliste et député vert de Peseux Laurent Kaufmann, qui se base sur des observations professionnelles, certains praticiens maîtrisent peu la langue française actuellement. «Ils sont peu mais c'est inacceptable», nous dit-il.

Le généraliste écologiste veut remédier à la situation en garantissant aux malades de l’Hôpital neuchâtelois et du Centre neuchâtelois de psychiatrie une prise en charge par des médecins ayant des connaissances de base en français, principe qu’il propose d’inscrire dans la Loi sur l’Etablissement hospitalier multisite et dans la Loi sur le Centre neuchâtelois de psychiatrie. Laurent Kaufmann ne remet toutefois pas en cause la qualité des soins dispensés dans le canton, qu’il qualifie de «bonne, voire excellente.» 


Pas de risque d'accentuer la pénurie

Conscient de la pénurie qui frappe la branche, Laurent Kaufmann n’estime pas pour autant que la destination de recrutement soit restreinte avec son projet de modification de loi. «L’obligation de parler un minimum le français pourrait être une petite embûche pour les responsables. Mais ça en vaut la peine car les hôpitaux éviteront de se retrouver dans des situations critiquables.»

Quant à savoir si son texte aggravera la pénurie de médecins dans le canton de Neuchâtel, le député est catégorique: «Certainement pas. Les hôpitaux peuvent aussi mieux cibler leurs bassins de recrutement.  On peut conditionner le droit de pratique des médecins assistants à un examen de langue française.»


Une pression supplémentaire pour l'HNe

Contacté par nos soins, l’Hôpital neuchâtelois, par le biais de sa directrice médicale Anne-Françoise Roud, nous indique comprendre la démarche de Laurent Kaufmann.

«Sur le principe, c’est aussi notre souhait d’avoir des médecins francophones. Mais 40% des médecins ont des titres étrangers en Suisse. C’est donc prendre le problème par le mauvais bout que de vouloir avoir une modification de loi qui impose le français. On ferait mieux de se concentrer sur la formation des praticiens en Suisse» regrette-t-elle.

Le projet de modification de loi de Laurent Kaufmann sera débattu ces prochains mois par le Grand Conseil. /abo


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