De trois à six ans requis pour le gang Jamahat

Menaces, intimidations, violences et même séquestrations : les six membres de la bande Jamahat ...
De trois à six ans requis pour le gang Jamahat

 Le procureur réclame de lourdes peines pour donner un signal fort.

Menaces, intimidations, violences et même séquestrations : les six membres de la bande Jamahat comparaissent depuis mercredi devant le Tribunal criminel des Montagnes neuchâteloises et du Val-de-Ruz à La Chaux-de-Fonds.

Les jeunes, âgés entre 24 et 27 ans, sont prévenus d’avoir fait régner la terreur dans les Montagnes neuchâteloises pour obtenir le monopole de la vente de marijuana et éliminer la concurrence par la force à partir de 2008. L'un d'eux aurait vendu près de 80 kilos de marchandise, selon l’acte d’accusation. La bande se fournissait principalement dans le Jura bernois.

 

Les prévenus nient les faits

Les prévenus n’ont admis qu’une petite partie des faits qui leurs sont reprochés, à savoir une partie du trafic de marijuana. Ils nient en revanche les violences, les menaces de mort, les intimidations, les humiliations, et encore moins d’avoir séquestré deux hommes. Pendant l’instruction, les prévenus n’auraient pas cessé de répéter qu’il n’y avait aucune preuve contre eux. Ils ont aussi nié avoir opéré en bande.

 

Des peines entre 3 et 6 ans de prison

Le procureur a de son côté voulu donner un signal fort pour éviter que d’autres bandes, encore plus dangereuses, prennent la relève. Il a requis des peines allant de 3 à 6 ans de prison. Nicolas Feuz a exclu tout sursis pour quatre des prévenus mais il ne s'oppose pas à des sursis partiels pour les deux autres. La détention déjà purgée par les accusés est à déduire des peines requises. L'un d'eux pourrait sortir libre du tribunal vendredi et un autre être placé dans le centre éducatif fermé de Pramont en Valais.

Selon l’acte d’accusation, la bande aurait obligé ses revendeurs à écouler des quantités définies de marijuana en un laps de temps donné. Si tel n’était pas le cas, où s’ils se fournissaient ailleurs, il y avait des représailles. Les méthodes décrites dans l'acte d'accusation sont très violentes. Certaines victimes disent avoir été mises à genoux, attachées sur une chaise ou déshabillées et humiliées. S'y ajouteraient des coups de poings, de balai, de raquette, de ceinture, de double-mètre. Deux personnes auraient même été séquestrées dans des caves. La bande savait que les plaignants ne pouvaient pas porter plainte puisqu’ils étaient eux-mêmes impliqués dans le trafic de marijuana.

Nicolas Feuz a aussi met en avant l’attitude détestable des prévenus pendant l’instruction et envers la police et les plaignants. Il a aussi avancé plusieurs preuves de leur culpabilité. Elles reposent essentiellement sur le regroupement de témoignages.

Reste à savoir comment la justice interprétera ces preuves.

L’audience se poursuit jeudi avec les plaidoiries des avocats des parties plaignantes puis ceux de la défense.

Le jugement est attendu vendredi. /sma

 


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