Escroquerie aux diamants: une cinquantaine d'entrepreneurs lésés

Une vaste escroquerie touche le canton de Neuchâtel. Une cinquantaine d’entrepreneurs de ...
Escroquerie aux diamants: une cinquantaine d'entrepreneurs lésés

Diamants Le préjudice se monte a près de 4 millions de francs.

Une vaste escroquerie touche le canton de Neuchâtel.

Selon nos informations, une cinquantaine d’entrepreneurs de la région ont investi dans une prétendue mine de diamants au Liberia. Le préjudice se monte à près de 4 millions de francs.

Les faits se sont déroulés entre 2009 et 2012. L’instruction est toujours en cours. Une femme sud-américaine et un Neuchâtelois sont à l’origine des faits. Ils sont prévenus d’escroquerie et d’abus de confiance.


Des diamants pour se refaire

Tout part d’un projet immobilier censé être révolutionnaire. Du point de vue écologique en tout cas. Faute de financement, tout s’effondre. L’homme qui était à la tête du projet cherche alors à se refaire et à rembourser les amis qui lui ont prêté de l’argent.

Sa complice lui propose alors d’exploiter une mine de diamants au Liberia. L’idée est de proposer à des entrepreneurs de la région, dont ceux qui ont perdu de l’argent dans le projet immobilier, d’investir dans cette mine. En échange, ils pourront tirer un bénéfice de 8 à 20% voire plus.


L’affaire est alléchante

L’un des prévenus contacte alors son carnet d’adresses. Il fait ami-ami avec des patrons de petites entreprises, s’attire leur sympathie, et réussit à les séduire. Pour les convaincre, il leur brandit des certificats prouvant l’existence de la mine. Il va même jusqu’à montrer des diamants. L’instruction déterminera plus tard que ces diamants ont été achetés et non extraits de la mine.

Les lésés, dont une quarantaine est défendue par Maître Hainard, investissent entre quelques milliers de francs et plus d’un million de francs. Certains y ont mis toutes leurs économies privées. D’autres ont investi au nom de l’entreprise. Plus grave : il semble que de l’argent au noir ait aussi été investi. Ceux qui se sont servis de leurs caisses noires risquent donc de se retrouver avec un redressement fiscal sur le dos.

Autant dire que les 4 millions francs investis se sont volatilisés. Train de vie luxueux, prétendus frais pour investir dans la mine, les deux prévenus ont semble-t-il tout dilapidé.


Des bons du trésor pour rembourser

Sentant qu’ils ne pourront pas rembourser, les deux complices ont alors l’idée de revendre des bons du trésor de la Banque mexicaine qu’ils ont en leur possession. Leur valeur atteindrait les 200 millions de francs, selon eux. Un argument qu’ils utilisent pour calmer les créanciers qui réclament leur argent. En réalité, les coupures ne valent guère plus de quelques centaines de francs. Le seul investisseur intéressé ne se manifestera finalement pas.

Aujourd’hui, les deux prévenus sont en liberté. Il semble qu’ils nient les chefs d’accusation mais admettraient avoir emprunté de l’argent. La femme a fait un mois de préventive.

Quant à la mine de diamants du Liberia, on ne sait toujours pas si elle existe réellement. /abo


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