Incendie à Cudrefin: cafouillage lors de l'alarme

Des voix s’élèvent pour dénoncer quelques dysfonctionnements dans la gestion de l’alarme après ...
Incendie à Cudrefin: cafouillage lors de l'alarme

Une des maisons en feu. Cinq maisons sont parties en fumée.

Des voix s’élèvent pour dénoncer quelques dysfonctionnements dans la gestion de l’alarme après l’incendie qui a ravagé cinq maisons à Cudrefin samedi. Plusieurs familles ont tout perdu.

Si les causes du sinistre ne sont pas encore connues, il semble que l’intervention des pompiers ne s’est pas déroulée comme elle aurait dû. Au village, plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer de graves lacunes dans la gestion de l’alarme.


Quatre pompiers pour sauver des vies

Soyons clair : le travail des pompiers n’est absolument pas remis en cause. Ce qui fâche, en revanche, c’est la manière dont l’alarme a été donnée. Car, selon nos informations, les pompiers de la Broye-Vully ont été alertés par bipper uniquement pour certains. Voir pas alertés du tout pour d’autres… C’est notamment le cas de certains pompiers habitant pourtant Cudrefin.

C’est l’Etablissement cantonal d’assurance à Pully, l’ECA, qui a reçu les téléphones pour être informé qu’il y avait un incendie. Il aurait dû immédiatement alerter les pompiers les plus proches, via deux canaux : bipper et téléphone fixe ou portable.

Mais samedi, ce ne sont « que » quatre pompiers qui se sont retrouvés sur les lieux. Certains prétendent avoir été informés par bipper uniquement. D’autres ont été alertés par leurs collègues. A eux seuls, ces pompiers ont sauvé quatre personnes, dont un enfant, qui se trouvaient encore dans les habitations en feu et qui ignoraient qu’un sinistre était en cours. Les renforts sont arrivés 10 minutes plus tard.

 

Incendie Cudrefin La fumée se voyait de loin.

L’ECA réfute cet état de fait et précise avoir appelé 22 pompiers pour ce qui devait être à l’origine un feu d’appartement, donc de moindre importance. Il a reçu quatre confirmations de présence et il ne s’explique pas pourquoi certains pompiers n’ont pas été alarmés.

Selon Dominique Perrin, inspecteur adjoint à l’ECA, les pompiers préfèrent ne laisser qu’un seul numéro pour ne pas déranger leur famille. Il suffit que leur portable soit éteint et seul le bipper permet de les joindre. Il précise que le premier appel a été reçu à 10h16. Les pompiers ont demandé du renfort à 10h27, on est donc sûr qu’ils étaient sur place à cette heure-là.


 

Un tonne-pompe qui n'a plus de carburant

Mais les dysfonctionnements ne s’arrêtent pas là : les passants présents sur place ont pu voir des va-et-vient de bidons d’essence.

La raison semble incroyable : l’un des camions tonne-pompe était sur la réserve de carburant. Il semblerait qu’il ait quitté la caserne avec un réservoir à moitié vide. Une situation qui ne devrait jamais se produire, nous dit-on. L’ECA n’était pas au courant de cet état de fait. Il précise qu’un camion de ravitaillement a pourtant été envoyé à Cudrefin vers midi…ça aurait dû suffire, s’étonne Dominique Perrin. Il rappelle que les pompiers ont le droit de réquisitionner du matériel selon les situations. Nous rembourseront bien sûr les gens qui ont donné de l’essence, il faut qu’ils s’annoncent, tempère-t-il.


Blessé sorti de l'hôpital

Certes ces éléments sont graves. Mais comme nous le disent plusieurs spécialistes, y compris de l’ECA, même une procédure parfaite n’aurait pas permis de limiter les dégâts.

Le protocole d’alarme de l’incendie a été demandé auprès de l’Etablissement cantonal d’assurances pour vérification. Il permettra de savoir combien de temps s’est écoulé entre les différents appels et quels corps de pompiers ont été informés.

La police ne veut privilégier aucune piste pour le moment, concernant la raison de cet incendie. Le procureur a fait appel à des spécialistes en Sciences criminelles de l’Université de Lausanne. Leur travail prendra plusieurs jours.

Les familles sinistrées, elles peuvent compter sur le soutien de la population. La Commune se charge d'ailleurs de centraliser toute forme d'aide: mobilier, habits, propositions de logement ou autre.

Par ailleurs, l’homme qui avait été blessé par l’explosion d’une bonbonne de gaz a pu quitter l’hôpital. /abo


Actualisé le

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus