Prison ferme requise contre les deux prévenus aux 50 cambriolages

Cinq ans et demi et six ans de prison: le procureur a requis de lourdes peines à l’encontre de deux hommes prévenus de vol en bande et par métier et de dommage à la propriété. Les deux personnes comparaissent devant le Tribunal criminel à Boudry. Elles sont prévenues d’avoir commis une cinquantaine de cambriolages dans les cantons de Neuchâtel, Fribourg, Berne, Vaud et du Jura entre fin janvier et le 8 mars de cette année, date de leur arrestation. Le butin avoisinerait les 2 millions de francs. Un troisième complice court toujours.

 

Beaucoup de vols en peu de temps

Le procureur a qualifié cette affaire de surprenante à plus d’un titre. D’abord le montant du butin, ensuite la courte période durant laquelle se sont produits ces cambriolages: six semaines, soit quatre par semaine et dans plusieurs cantons. Enfin, l’organisation de la bande. Lors de l'arrestation des deux prévenus, la police a découvert un équipement professionnel, notamment des pieds-de-biche, des meules et des tournevis. La bande a fait du braquage de coffres-forts sa spécialité. Les prévenus ont notamment dérobé de l’argent, des bijoux et des montres de grande valeur pour un montant total de plus de 2 millions de francs. Les dommages à la propriété sont énormes. Ils se chiffrent en dizaine de milliers de francs.

Le Ministère public a présenté des preuves matérielles, avec la présence d’ADN des prévenus sur certains lieux de cambriolages, de traces de pas et leur localisation via le téléphone portable de l'un d'eux. Le procureur a appuyé son réquisitoire par des éléments spatio-temporels. C’est-à-dire qu’il a mis en lien certains cambriolages qui se sont déroulés le même jour et dans le même secteur.

 

Preuves remises en doute

Les preuves ont été remises en doute par les avocats de la défense. Le mandataire du premier prévenu, qui tenait un hôtel dans le Jura bernois et chez qui la bande logeait, estime que son client ne peut être incriminé que dans deux affaires. Il demande une peine qui n’excède pas les sept mois de prison que son mandant a déjà purgé.

Le deuxième prévenu, toujours détenu, a admis une dizaine de cambriolage. Son avocat plaide pour une peine compatible avec le sursis partiel, soit trois ans au maximum, dont 10 mois ferme.

 

Les victimes volées et violées

Trois victimes étaient présentes mercredi matin au tribunal. L’une d’elle avec son avocat. Son mandataire a demandé aux juges de suivre le Ministère public. Les victimes ont parlé de vol et de viol moral. L’une des victimes a expliqué que sa femme prenait des somnifères pour dormir depuis cette affaire.

Le verdict est rendu vendredi matin. /sma


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