Drame de Boudry: la défense demande l'acquittement

Drame de Boudry devant la justice. Il y a un an, une jeune femme a tiré mortellement sur son ...
Drame de Boudry: la défense demande l'acquittement

Tribunal de Neuchâtel

Drame de Boudry devant la justice. Il y a un an, une jeune femme a tiré mortellement sur son petit ami, âgé de 23 ans, en croyant manipuler une arme factice, dite soft-air. Il s’agissait en réalité d’un pistolet d’ordonnance.

La jeune femme, âgée de 20 ans au moment des faits, et le propriétaire de l’arme comparaissent lundi après-midi devant le Tribunal régional du Littoral et du Val-de-Travers, à Neuchâtel. Ils sont prévenus d’homicide par négligence.

 

Les pistolets factices sont des armes

Le responsable du Bureau des armes de la Police neuchâteloise a témoigné devant la Cour. Il a rappelé que la Loi fédérale considère que les soft-air sont des armes au même titre que les vraies, car elles peuvent causer des lésions corporelles.

Il a aussi démontré devant le Tribunal qu’il est presque impossible de distinguer un pistolet à balles réelles d’un modèle soft-air. Leur apparence est identique, de même que leur mise en fonction. Mis à part l’absence de balles, remplacées par des billes dans un soft-air, leur seule différence est qu’un vrai pistolet possède un système à deux actions. Le premier cran permet d’appuyer sur la détente très facilement. Le second demande plus de force.

 

Y a-t-il eu négligence ?

La justice neuchâteloise devra, entre autres, déterminer si la jeune femme qui a tiré le coup de feu mortel a eu conscience d’avoir une véritable arme entre les mains. Selon les avocats de la famille de la victime, sa culpabilité ne fait aucun doute. Le propriétaire de l’arme, un sous-officier de l’armée suisse, n’aurait certes pas dû posséder de balles à son domicile. Mais il a, au cours de la soirée du drame, montré à ses amis la différence entre un pistolet réel et un soft-air. La jeune femme, malgré son taux d’alcoolémie et de fatigue, devait savoir qu’elle tenait une arme. Les avocats de la partie plaignante l’estiment coupable au même titre que le propriétaire du pistolet. Ils demandent une condamnation pénale pour les deux accusés.

Tout autre discours de la part de l’avocate de la prévenue. Elle estime que sa cliente n’est pas coupable de négligence au sens du Code pénal et donc pas non plus d’homicide par négligence. La jeune femme n’y connait rien aux armes et ne s’y intéresse pas. Elle ne pouvait pas savoir qu’elle tenait une véritable arme, dangereuse. L’avocate demande son acquittement.

Le second prévenu plaide coupable d’homicide par négligence. Son avocat demande 180 jours-amende avec sursis pendant deux ans.

Le jugement du tribunal sera rendu à une date ultérieure, non précisée par le juge. /aes


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